dimanche 31 juillet 2011

RGPP : l'été meurtrier des damnés de la LOLF




Lorsque l’on baguenaude ces jours-ci dans les rues de la capitale, qu’on écume les glaciers de l’île de la Cité, ou qu’on s’esbaudisse quelques instants devant l’immense pâté de sable édifié au pied du pont Notre-Dame à la gloire de Mickey Mouse, de Disneyland Paris et de Bertrand Delanoë, une évidence s’impose : tous les autochtones ont quitté ce Luna Park-ci pour un autre.

Tous les autochtones…enfin presque. Car à bien y regarder, on croisera ça et là, à des heures improbables, quelques CSP+ à l’œil chassieux et au teint hâve serrant contre eux une mallette de cuir brun. Ces êtres graves et pâles qui se pressent dans le métro, ces encravatés matinaux privés depuis la mi-juillet de leur « Direct Matin » sont bien plus typiques de notre Douce France que n’importe quelle Edith Piaf de place publique. Ce sont les petits télégraphistes de la RGPP.

Ces jours-ci, pendant que d’autres bronzent, ils se lèvent à l’aube pour aller parfaire leur JPE (justification au premier euro). Car les mois de juillet et d’août sont pour eux primordiaux. C’est là que s’élabore le PLF (projet de loi de finances) de leur Ministère. C’est là que ces braves commis, sourds à l’appel du sable fin et du Monoï tiaré, rédigent en silence le PAP (projet annuel de performance) qui préludera à la construction hivernale du RAP (rapport annuel de performance) exigé par la LOLF (loi organique relative aux loi de finances). Cette loi organique est une belle invention. Son objet est de redonner le pouvoir budgétaire aux élus de la Nation sans renier ni Maastricht ni Lisbonne. Elle garantit à chaque parlementaire une présentation plus claire et une lecture plus facile du budget de l’Etat. Grâce à cette transparence accrue, le pouvoir législatif retrouve enfin l’aptitude décisionnelle qui lui échoit légitimement en démocratie.

Ainsi, à l’heure du grand chassé-croisé des juillettistes et des aoûtiens, une armada de fonctionnaires pédale dans l’ombre pour remplir d’impressionnants volumes -à faire pâlir de jalousie le premier Breivik venu-  regorgeant de tableaux, graphiques et autres diagrammes en bâtons. C’est ainsi qu’à la rentrée, l’administration mettra une batterie de « PAP » de 500 pages chacun à disposition de tous nos députés et sénateurs, qui liront tout, bien évidemment. Tout ça pour plus de transparence, d’efficacité et surtout, d’efficience.

Une question demeure cependant : lorsque l’escadrille des faiseurs de « PAP » fera place à l’escouade des spécialistes du « RAP », des contrôleurs de gestion, des mesureurs d’écarts et des préposés à la tenue des  indicateurs-qualité , combien toute cette « performance » nous aura-t-elle coûté ?


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RGPP : la complainte du fonctionnaire modernisé   CLICK

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lundi 18 juillet 2011

Les Verts n'ont jamais aimé le kaki




L’affaire Joly-Fillon a sans doute été l’un des derniers "buzz" avant la traditionnelle atonie estivale. De fait, il a fort bien rempli son office en animant le week-end prolongé du 14 juillet, habituellement trop calme. Chacun s’y est tenu à sa juste place. Dans le rôle de la gauchiste libérale-libertaire à la limite de l’irresponsabilité militarophobe, la verte Eva Joly proposa d’abord la suppression du défilé militaire du 14 juillet. Faisant fi de toute décence, elle vilipenda la "France guerrière" à l’heure même où nous déplorions six morts en Afghanistan. Dans le rôle du "dedroite" tendance "France moisie" et congédiant toute prudence, François Fillon mit immédiatement en cause la bi-nationalité de la pasionaria franco-norvégienne, en émettant des doutes sur l’authenticité de sa "francité". Enième épisode de notre saga nationale préférée: Superdupont contre l’Anti-France.

Mais il est une autre séquence dont curieusement, on a peu reparlé. Car en remontant le temps de 365 jours, on s’aperçoit que les écolos n’en sont pas à leur coup d’essai. Certes, nul candidat à la magistrature suprême n’était impliqué à l’époque. Néanmoins, les élus Verts de Paris s’étaient fait remarquer à la veille du 14 juillet 2010 en faisant parvenir au président de la République le "vœu" d’une suppression du défilé militaire, jugé trop coûteux et trop…polluant. Eva Joly a eu le bon goût de nous épargner au moins cela, mais les écolos parisiens n’avaient pas craint d’oser le ridicule en affirmant: "(le défilé) n’est pas seulement un gaspillage financier, c’est également une aberration écologique. La quantité de produits polluants, de CO2 et de décibels relâchés dans l’atmosphère est en effet considérable".

Les décibels lâchés à l’époque pour riposter contre cette inénarrable billevesée étaient essentiellement venus de petites formations politiques. Chasse, pêche, nature et traditions (CPNT) avait dénoncé une "bobo écologie verte". L’ancien ministre Georges Sarre du Mouvement républicain et citoyen (MRC), avait renchéri : "cette part de la "gauche", qui n’en a que le nom(…) vise, une fois de plus, la Nation, à travers ce qui n’est, bien sûr, que l’un de ses symboles".

Loin d’être un stigmate de la "norvégité", une tare propre à l’âme nordique ou un travers réservé aux binationaux, il semble bien que la défiance envers l’idée de Nation citoyenne et le mépris pour ce que la révision générale des politiques publiques (RGPP) nous a laissé des "ors de la République", soit plutôt une constante de l’ADN écolo. Tenons-nous le pour dit.


Lire et relire:
Fête nationale, la gravité au centre   CLICK

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mercredi 13 juillet 2011

Fête nationale : la gravité au centre

Cinq militaires français sont morts mercredi 13 juillet dans un attentat suicide en Afghanistan. Quatre autres ont été blessés. Il s’agit là des pertes simultanées les plus importantes depuis l’embuscade de la vallée d’Uzbin en août 2008. Le lendemain 14 juillet, un sixième militaire périssait, portant à 18 le nombre de morts déplorés depuis le début de l'année 2011. D’ores et déjà, celle-ci se révèle la plus meurtrière pour les troupes françaises déployées dans les provinces de Kapisa et de Surobi.

En visite « surprise » sur les contreforts de l’Hindou Kouch, Nicolas Sarkozy affirmait pourtant le 12 juillet « il faut savoir finir une guerre ». Cela est plus vrai que jamais, après la mort symbolique d’Oussama Ben Laden. Pourtant, nos soldats devront tenir jusqu’en 2014, le chef de l'Etat français ayant décidé de calquer le retrait de nos troupes sur celui des Etats-Unis. Las, on aurait pu espérer un désengagement plus rapide, après l'heureuse libération de nos deux otages. Et l'on se demande ce qui nous retient encore dans cette étrange contrée, alors que tout notre effort de guerre devrait désormais porter sur le Nord de l'Afrique, où se déroule un conflit plus proche, dont notre représentation nationale vient de voter la poursuite.

La tactique militaire fait une large place au concept clausewitzien de « centre de gravité ». Pour un combattant, le « centre de gravité ennemi » est ce qu’il faut endommager chez l’adversaire pour nuire à sa capacité mais aussi à sa volonté de combattre. Dans les guerres contemporaines, dites « asymétriques », il semble bien que le centre de gravité soit l’opinion publique, du côté des armées « régulières », comme du côté des « insurgés ». Le général McChrystal, ancien patron de l’ISAF[1], ne disait pas autre chose lorsqu’il affirmait vouloir « gagner les cœurs et les esprits » des civils afghans. Il s’agissait pour lui de dresser l’opinion afghane contre les taliban en lui insufflant de l’amitié pour les troupes otaniennes. Certains font mine d'y croire encore, à l'instar du général Jean Fleury, interviewé ici même par Isabelle Marchandier et Gil Mihaely. Pourtant, le bilan est pour le moins mitigé. Et l'on peut se demander si l'interminable présence occidentale en Afghanistan n'est pas au contraire une machine à fabriquer des taliban, tant il est vrai que les armées "d'occupation" - ou vécues comme telles - tendent à faire éclore les vocations "résistantes".

Quant aux taliban, il sont passés maitres dans l'identification de leur "centre de gravité ennemi". Pour eux ce sont les opinions publiques occidentales, dont ils n’ont pas tardé à saisir un goût pour la guerre plus que modéré, et une acceptation de la mort au combat infiniment plus faible que la leur. Ils entendent donc  user ces opinions, d'autant plus qu'ils en ont le temps : eux n'ont pas de calendrier de retrait à respecter.

Nicolas Sarkozy avait « ordonné » une victoire en Libye avant le 14 juillet. Il voulait conforter son « centre de gravité ami », en offrant à l’opinion un symbole. Au lieu de ça, il a dû faire face à cinq morts au lendemain même de sa visite en Afghanistan, puis à un sixième le jour de la fête nationale. De cela, les "coeurs et les esprits" des français été imprégnés, cependant qu'ils admiraient le défilé sur la plus belle avenue du monde.

Ainsi, immédiatement après les festivités, un conseil de défense fut réuni, afin de réfléchir aux "nouvelles conditions de sécurité des militaires français". S'il devait s'agir de claquemurer les troupes françaises dans leurs emprises, ce serait une belle victoire pour les taliban. En frappant au coeur le "centre de gravité ennemi", en démoralisant une opinion dont le soutien à cette guerre chancelle déjà depuis longtemps, en ébranlant par ricochet la détermination du chef de armées, ils auraient remporté là une authentique victoire militaire. Et ils chercheront inévitablement à en remporter d'autres.

Le président de la République a raison, "il faut savoir finir une guerre". Mais il faut savoir la finir a temps. Celle-ci va fêter ses dix ans. C'est déjà long : finissons-en.


[1] Ou FIAS (force internationale d’assistance à la sécurité).

Lire et relire:
Mourir pour l'Afghanistan ?   CLIK
Ben Laden : avec ou sans, il faut quitter l'Afghanistan   CLAK
Afghanistan : deux présidents, une stratégie ?   CLOK
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dimanche 10 juillet 2011

Fiers de nos rondelles !


En général, quand vient l’été, la presse à l’unisson nous parle « mode » : beauté, minceur, sport, look et cancer de la peau. Cette année, grâce aux primaires socialistes, l’été sera plus show que les autres : on y parlera aussi politique. Mais quoi de plus ludique qu’une Star-Academy grandeur nature ? Et quoi de plus « mode » que les nouveaux objets de promotion que l’on voit fleurir sur tous les Facebook-walls : les pin’s de supporters.

Le réseau social vient en effet de mettre sur le marché un gadget virtuel qui connaît déjà un franc succès : les badges de fans. Personne n’en avait besoin, mais tout le monde se les arrache. Mark Zuckerberg connaît bien la loi de Say : « toute offre créée sa propre demande ».

C’est particulièrement vrai chez les militants socialistes, dont chacun arbore désormais son petit cercle coloré à la boutonnière. Sur Facebook, les montebourgeois, les aubrystes et autres hollandais rivalisent d’une coquetterie qui n’est pas sans rappeler un  meeting de campagne américain façon Arnorld Schwarzenegger.




La vague de la rondelle militante semble avoir épargné les partisans de Ségolène Royal, ce qui ne laisse de surprendre.

En revanche, elle touche aussi les écolos, qui non contents d’organiser eux aussi des primaires, sont tout de même à la pointe de la mouvemence « alter-créative », comme le rappelle le sociologue Erwan Lecoeur [1].


Le fan-badge de Joly pousse donc très loin le raffinement puisqu’il permet d’utiliser un « vecteur de notoriété » (le pin’s) pour promouvoir un autre « vecteur de notoriété » (les lunettes).
Mais il paraît que derrière les lunettes qui sont dans le badge se trouve une candidate, et que dans la candidate se cachent des idées.  Si, si !


Aujourd’hui, grâce au réseau social Facebook, et à l’application Picbadges , nous pouvons enfin « faire de la politique autrement », et assouvir tout à la fois notre appétit démocratique, notre besoin d’appartenance groupale, et notre regret de n’avoir pas embrassé plus tôt une carrière d’homme-sandwich.

Avec Facebook et Picbadges, devenons tous des pages de pub !












[1] Erwan Lecoeur, Des écologistes en politique, Lignes de repère, 2011.

samedi 9 juillet 2011

Primaires : socialistes, gare aux effets secondaires...


Les primaires socialistes révèlent-elle un renouveau de la politique ou signent-elle seulement sa "pipolisation" croissante? De nombreux socialistes les présentent comme une grande avancée démocratique dans le fonctionnement du PS. Leurs défenseurs convaincus mais réalistes admettent, à l’instar de Romain Pigenel : « la promesse des primaires a été, de fait, la seule vraie rénovation qu’a connue le PS depuis le congrès de Reims en 2008 ». D’autres, moins prudents, brandissent avec une satisfaction sans nuance l’étendard de la « modernisation heureuse ». Ils se félicitent de cette évolution à l’américaine, qui s’opposerait à la rémanence vieillotte du « tous derrière le chef » prévalant -tant bien que mal- à droite.

Pourtant, à observer les mille péripéties de cette étonnante séquence politique sur laquelle plane désormais l’ombre tutélaire d’un DSK quasi-réhabilité, on peut se demander si ce n’est pas elle, au contraire, qui présidentialise le plus l’avant-2012, en important à l’intérieur même de l’un des principaux partis en lice les défauts que l’on prête à notre « monarchie républicaine ».

Car, si l’élection présidentielle consiste en la rencontre d’un homme avec la Nation, les primaires socialistes visent à créer les conditions de la rencontre d’un homme [1] avec cet introuvable « peuple de gauche » constitué paraît-il des militants du PS et de tous ceux qui sont prêts à sympathiser pour la modique somme d’un euro.

Certes, il y a un programme. Et, s’il n’est pas de nature à générer des éruptions d’enthousiasme  collectif, on pourrait s’attendre à ce que chaque « candidat à la candidature » se l’approprie, quitte à le customiser aux entournures, à l’image d’un Montebourg, qui vient d’importer avec succès le concept philippin de démondialisation.

Mais, sans surprise, les sempiternels trublions socialistes n’hésitent pas à porter l’estocade au programme de leur parti, comme le très prévisible Manuel Valls, qui s’interroge sans ambages : « qui peut imaginer un seul instant que des projets portés par François Hollande, Arnaud Montebourg, Ségolène Royal, Martine Aubry ou moi-même seraient identiques ? ». Pour Valls, il n’y a pas de doute, le programme est un prétexte. Ce qui ne va pas sans rappeler cet aveu de Ségolène Royal après sa défaite en 2007 : « le SMIC à 1500 euros, qui était une idée phare de Laurent Fabius (…) ou la généralisation de 35 heures sont deux idées qui étaient dans le projet des socialistes, que j’ai dû reprendre dans le pacte présidentiel, et qui n’étaient pas du tout crédibles ».

Défendre un programme auquel on ne croit pas, voilà qui semble plus improbable que jamais avec la mise en place des primaires. Car, si d’aucuns espèrent voir naître à cette occasion un authentique débat d’idées, force est de constater que, pour l’heure, on assiste surtout à un combat d’ego.

Quant au vainqueur, il pourra jouer sa partition en solo. En effet, pourquoi un candidat qui, à la fin du processus, bénéficiera d’une légitimité offerte par le vote, non des seuls militants, mais aussi du magma des « sympathisants », s’embarrasserait-il d’un programme élaboré en commun ?

On touche là aux limites de cette invention, qui consacre le mariage de la « présidentialisation » d’un parti, de la politique-spectacle et de la « dépolitisation » des formations politiques elles-mêmes, devenues exclusivement des pépinières à champions, quand on aimerait qu’elles soient aussi et surtout des lieux de réflexion.

Las, dès le début des primaires, l’entrechoc des ambitions personnelles prend le pas sur le débat d’idées et la personnalité des concurrents sur la capacité de l’un d’eux à faire sien un projet élaboré en commun. L’hyper individualisation de cette compétition interne et la nécessité pour chacun de se distinguer prime sur la fidélité à un parti où, de toute façon, le sympathisant à un euro pèse le même poids que le militant de vingt ans. Au bout du compte, la victoire reviendra, non à celui qui incarne le mieux une vision collective, mais à celui qui cogne le mieux sur ses « amis ».

Il n’est pas certain que le parti socialiste sorte grandi de cet exercice périlleux, à la fois « remise en cause de la souveraineté militante » [2], et mise en congé du savoir-faire programmatique commun.

Il n’est pas certain non plus que la politique en général sorte grandie de sa désidéologisation croissante, où l’image a remplacé la pensée, où les « petites phrases » supplantent les idées, et où il faut désormais séduire, sans plus nécessairement convaincre.


[1] oui, je sais : ou d’une femme
[2] Rémi Lefebvre, Le Monde, 28 juin 2011.


Lire et relire :
Peuple de gauche, es-tu là ?   CLIK
La folle semaine de la gauche lib-lib   CLAK
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dimanche 3 juillet 2011

Rapide leçon de calcul à l’usage des nostalgiques du franc faible



L’Europe et la France ne vont pas bien, parce que nos élites sont nulles en économie. Et nos élites sont nulles en économie, parce qu’elles sont nulles en mathématiques. Démonstration.

Souvent, les « intellectuels » sont plutôt des « littéraires », comme nous l’avons récemment noté au détour d’une chronique de Caroline Fourest. Au sujet de la sortie l’euro et du retour au franc au taux de « 1 franc = 1 euro », celle-ci affirmait que le pouvoir d’achat des français fondrait, et que nous serions tous ruinés. Sans nous expliquer pourquoi. Rendez-vous compte ! Nous subirions des prix multipliés par un, et des salaires multipliés par un. Quelle fieffée pétainisterie !

Nous découvrîmes le pot aux roses un peu plus tard, lorsque s’exprimant à son tour pour conspuer le Front national, Nathalie Kosciusko-Moriset soutînt face à Zemmour et Naulleau « je prends l’exemple de la sortie de l’euro (…) la baguette coûtera alors 6,40 francs, plus l’inflation galopante ». Palsambleu !

Nathalie Kosciusko-Moriset n’est pas à proprement parler une « littéraire ». Mais à n’en point douter, elle aurait dû. Car de deux choses l’une. Soit on revient au franc avec un taux de conversion de 1 franc = 1 euro, comme certains - et pas le seul Front national - le proposent, et il ne se passe strictement rien tant qu’on ne dévalue pas. Soit, pour une obscure raison fleurant bon la nostalgie, on est persuadé qu’une réapparition du franc induirait le retour inévitable à sa valeur de 2002. Dans ce cas, la baguette vaudrait certes six fois plus cher. Mais nos salaires seraient multipliés…par six.

Mesdames les fortes en thème, nous vous en prions, avalez rapidement une infusion de sciences dures. Ecrivez autant de livres qu’il vous plaira sur Marine le Pen. Mais cessez d’essayer de nous faire croire qu’elle est la seule à proposer le retour au franc afin de mieux escamoter un débat qui serait plus utile s'il portait sur les "risques" et les modalités d'une sortie de l'euro suivie d'une dévaluation, même raisonnable. Surtout, cessez de chercher démagogiquement à terroriser le bon peuple en lui faisant le coup de la hausse du prix du pain. De toute façon, nous voulons de la brioche.

Lire ou relire:
La double erreur de Caroline Fourest   CLIK
Euro : par ici la sortie   CLAK
Caroline Fourest et Fiammetta Venner versus Marine le Pen   CLOK
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vendredi 1 juillet 2011

Violer une menteuse, qui le croirait ?



Coup de théâtre dans "l’affaire DSK": la victime putative serait une affabulatrice doublée d’une quasi-trafiquante de drogue !

La justice américaine, hier conspuée, devient soudain un modèle d’équité. Car le procureur Cyrus Vance, propulsé tout à trac en tête du "Top Ten" des parangons de vertu, a eu le bon goût de faire son travail. En enquêtant à charge, mais aussi à décharge, il a conçu des doutes sur la crédibilité de la douce "Ophélia". Voilà qui doit revigorer les inconditionnels français de la mise au rebut du juge d’instruction.

Quant aux quelques strausskahniens, demeurés fidèle à leur douzième imam, tout espoir leur est désormais permis : l’homme providentiel sera bientôt de retour. Auréolé du prestige de ceux qui ont souffert pour rien, il renverra le couple Ghesquière-Taponier et leurs 18 mois de détention aux oubliettes de l’histoire. On lui fera des excuses, et on criera –certains ont pris de l’avance- à "l’affaire Dreyfus-bis". Quant au dédommagement pour le "meurtre médiatique d’un homme", nul doute qu’il sera à la hauteur du préjudice subi, et l’on se demande déjà si une élection à la présidence de la République française pourra suffire.

Ainsi, pour nombre de "commentateurs", l’affaire est entendue: Nafissatou Diallo est une délinquante à peine présumée, donc le viol n’a pas eu lieu. Nonobstant les traces d’ADN découvertes sur sa personne, qui plaident sans l’ombre d’un doute pour la fameuse "relation consentie".

Exit, donc, toute idée de culpabilité de l’ex patron du FMI. Apparemment, le viol d’une menteuse semble tout à fait inenvisageable. A moins qu’il soit supposé…tolérable ?

Voilà en tout cas une paire de questions dont les féministes tendance de Haas devraient rapidement se saisir, sous peine d’être disqualifiées au sein de ce débat. Quitte à remballer promptement plumeaux et clito.


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Les féministes contre DSK, infortunes de la fausse vertu   CLIK
L'animal, la morale, et la "normale"   CLAK
Affaire DSK, ne perdons pas la bataille de la morale   CLOK
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