dimanche 6 mai 2012

Participation inchangée : au second tour 100% des candidats ont voté !




Le taux de participation en métropole était de 30,66% à midi. Cela fait deux points de plus qu’au premier tour, mais 3,5 points de moins qu’au second tour de 2007.

Cependant, en exclusivité et à l’instar du 22 avril dernier, l’arène nue est d’ores et déjà en mesure de vous annoncer la nouvelle suivante : 100% des deux candidats ont voté. Une fois de plus, l’un accompagné de son épouse et l’autre de sa compagne, ils ont « glissé leur bulletin dans l’urne ». Et une fois de plus, « dans leur fief ».

Les similitudes d’arrêtent là. La presse de France est mobilisée pour nous le faire savoir. Et les différences sont légion. Voyez plutôt.

A 10h30, François Hollande se présentait à son bureau de vote de Tulle. Autour de lui, une nuée de caméras et de micros, mais des citoyens paisibles, calmes, souriants. Le charme de la petite ville, que voulez-vous. Et puis, François Hollande les connaît bien. Pour chacun, il a une parole gentille, une poignée de main amicale, une bise chaleureuse. C’est que l’édile de Tulle a ici « ses petites manies ». Les chaînes d’info en continu de nous le rappellent : le socialiste est attaché aux « rituels », il est « superstitieux », il tient à « son programme bien rodé ». Au cas où certains d’entre vous auraient eu l’idée saugrenue de croire pour de vrai que « le changement, c’est maintenant », on vous le dit et on vous le répète : « Hollande est un homme d’habitudes ».

Tout en rotondité et en bonhomie, limite plan-plan aux entournures, François Hollande a donc accompli « son devoir citoyen »…

… à l’instar de Catherine, 38 ans, commerçante, qui explique doctement au micro qu’on lui tend : « oui, je suis venue voter, parce que je crois que c’est important pour la France, surtout en ce moment. Le droit de vote, il y en a qui se sont battus pour ça. Je pense qu’il était donc important que je vienne m’exprimer ».

Ayant dit cela, Catherine, 38 ans, commerçante, jette une œillade à François Hollande. Celui-ci est vêtu d’un costume gris et d’une cravate sombre, cependant que Valérie Trierweiler  porte un élégant manteau blanc et marron. Un peu long peut-être ? Voire un peu cintré ? Bon : à faire retoucher dès le retour à Paris.

Par la suite,  « l’homme d’habitudes » fera le tour des bureaux de vote de Tulle, en commençant par celui qui lui est le plus favorable – comme toujours – et en finissant par celui qui le lui est le moins – comme toujours. Pour finir, Hollande ira déjeuner au restaurant « Le Central », comme toujours. A noter toutefois cette entaille dans le rituel : le restaurant a été « privatisé » le temps du déjeuner, ce qui n’augure a priori rien de bon en termes de bolchevisme idéologique.

Autre changement - parce que c’est maintenant - François Hollande, cette fois, ne mangera pas des asperges, mais « une terrine de canard, une pièce de bœuf et une tarte aux fraises », autrement dit un repas « assez nourrissant », comme nous le dit avec gourmandise un envoyé spécial de BFMTV en Corrèze, qui gobera en hâte, quant à lui, un panini patibulaire.

Alors que se déroulent ces évènements chargés d’une tension dramatique à la limite du supportable, les réseaux sociaux égrènent leurs informations de première main et leurs commentaires longuement mûris. Le « hashtag » #RadioLondres constelle Twitter. Il est utilisé pour poster des messages codés, puisqu’on n’a officiellement pas le droit, avant 20h00, de parler de "ça".

Dès lors, des choses aussi définitives qu’elliptiques fleurissent sur la Toile, pour la plus grande édification de tous : « la panthère rose va battre le nain. Je répète : la panthère rose va battre le nain #RadioLondres »

***

Nicolas Sarkozy, lui, n’est pas un « homme d’habitudes ». C’est un type cash. Il vote comme on dégaine un flingue. Il fait ça « vite et efficace ». Ensuite il « s’casse pauv’con » pour rentrer chez lui passer la fin de la journée « entouré de son épouse et de sa fille ». Chez lui ou plutôt chez « Carla », dans le XVI° arrondissement. A moins qu’il ne se rende au Palais de l’Elysée ? Les journalistes ne savent pas trop. Comment suivre sans se tromper un homme traqué qui ne dort jamais deux soirs de suite au même endroit ?

Sarkozy n’est pas un « homme d’habitudes », non. C’est un sensitif, un éruptif, un type cash. La preuve, il vote aujourd’hui à Paris, alors qu’il votait en 2007 à Neuilly. Ca bouge quoi, y’a du mouvement. En 2017, on peut d’ailleurs s’attendre à tout : votera-t-il au consulat de France au Qatar ? Reviendra-t-il en jet de New-York pour voter dans les Yvelines ? On ne sait jamais avec cet homme. Mais une chose est sûre : ce sera rapide, direct, sans fioriture. Ce sera cash.

Le président-candidat serre quelques mains, rapide et cash, à de jeunes loulous à mèche habillés chez Vicomte A. et agglutinés pour l’occasion sur le boulevard Murat (Joachim Murat, et non pas Jean-Louis. Tous les lecteurs de Stéphane Camus savent cela). Puis il pénètre dans l’un des trois bureaux de vote installés dans le lycée Lafontaine (Jean de la Fontaine. Pas Oskar. Tous les lecteurs de Stéphane Camus savent cela).

Avant de s’engouffrer dans l’isoloir, il ne prendra…qu’un seul bulletin. Dans ces conditions et comme le dit avec lucidité le préposé à la couverture de cet évènement historique : « le choix de devrait pas être très difficile pour lui ». Faire un peu comme on veut avec la loi électorale, y’a pas à dire, c’est vraiment trop cash.

Pendant ce temps, un micro se faufile jusqu’à Jean-Vincent, 43 ans, venu là pour glisser son bulletin dans l’urne : « oui, je suis venu voter, parce que je crois que c’est important pour la France, surtout en ce moment. Le droit de vote, il y en a qui se sont battus pour ça. Je pense qu’il était donc important que je vienne m’exprimer ».

Ayant dit cela, Jean-Vincent, 43, jette une  œillade à Nicolas Sakozy. Lui est son épouse sont « tous les deux vêtus de gris ». Et non pas de « vert-de gris », n’en déplaise aux grands résistants qui twittent toujours sous #RadioLondres.

En effet, pendant ce temps, et des citoyens conscientisés continuent, au péril de leur vie, à diffuser des messages d'une audace sans ambiguïté : « au goûter, je mange un Flamby. Je répète : au goûter, je mange un Flamby…. ».

Lire et relire
Présidentielle : incroyable, tous les candidats ont voté 1/2
Présidentielle : incroyable, tous les candidats ont voté 2/2
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4 commentaires:

  1. Ayant dit cela, Catherine, 38 ans, commerçante, jette une oeuillade à François Hollande.

    Une œillade, plutôt : œillade la vue, il y a de l'espoir !

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    1. Horreur et honte sur moi !
      J'ai corrigé : merci.

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  2. La cuisine politique se resume entre f(r)omage et des(s)ert, prendre un flamby ou manger 2 fois des nouilles.

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  3. 20h... Ca c'est fait !
    Reste le plus dur ...Changer les choses.

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