vendredi 27 juillet 2012

Ségolène Royal est-elle devenue "diversitaire" ?



« Elle s'appellerait Claudine Dupont, elle ne serait peut-être pas là ». Cette phrase, décochée par Ségolène Royal en direction de Najat Vallaud-Belkacem [NB : un démenti est à signaler], mériterait de figurer au palmarès des meilleures citations d’une éventuelle Claudine Du-con, si elle existait.

En sous-entendant que la ministre du Droit des femmes ne l’est devenue que par la grâce de ses origines et via les lois pernicieuses de la discrimination positive, Royal inflige une gifle à son ancienne protégée, ainsi qu’à tous ceux qui, républicains convaincus, croient encore que le mérite surpasse de très loin « l’appartenance minoritaire » dans la hiérarchie des bonnes raisons d’entrer au gouvernement.

Ségolène Royal devrait le savoir mieux que personne, elle qui fut ministre pour la première fois au début des années 1990. A moins bien sûr qu’elle n’ait été nommée que parce qu’elle était femme, ce qu’on a presque envie d’insinuer perfidement, tant la pasionaria du Poitou est habile à user la bienveillance qu’on aimerait lui accorder, et à réduire en charpie le capital de sympathie dont elle jouit.

Hélas, Ségolène Royal va plus loin encore. Elle ajoute ainsi que Najat Vallaud-Belkacem «  doit assumer son identité et en être fière ». D’abord, on se demande bien ce qu’il y a à « assumer » dans une identité. Y en a-t-il qui soient spécialement honteuses pour qu’on ait à enjoindre autrui « d’assumer » ? Quant à en être fière, admettons. Mais cela s’applique-t-il seulement aux natifs du Maroc, ou les Ardéchois et  les Berrichons ont-il le droit de revendiquer la même « fierté » ?

Finalement, que faut-il comprendre lorsque Royal affirme que « Najat doit être là pour ça » ? Qu’elle est la basanée de service et qu’elle est priée de s’en tenir là quant à ses ambitions ?

Décidément, c’est avec la lourdeur de l’éléphant que « Ségolène » s’effondre dans le piège de la « gauche diversitaire ». Cette gauche qui - tout comme son négatif photographique, la droite identitaire - assigne à résidence communautaire, réduit, écrase alors qu’elle prétend « libérer ». Cette gauche qui conspue Les cabinets blancs de la République cependant que de l’autre côté, on compte les Noirs et les Arabes. Cette gauche qui, avec les meilleures intentions du monde - celles-là mêmes dont l’Enfer est pavé - valide l’utilisation ad nauseam du critère ethnique, se comportant ainsi comme « l'idiote utile » d'une droite différentialiste qu'elle croit combattre.

Surtout, ce que l’ancienne candidate à la présidentielle ne peut ignorer pour l’avoir elle-même « lancée » en 2007, c’est que la porte-parole du gouvernement fait parti de cette poignée d’enfants d’ouvriers passés par Sciences-Po. Ils étaient 4,5% en 2011. C’est peu. Mais alors que Najat Vallaud-Belkacem achevait ses études, ils étaient…trois fois moins. De cela, il est certain qu’elle peut s’enorgueillir, car ça s’appelle le mérite et ça doit bien plus au talent et au travail qu’au hasard des origines.

Voilà qui tend en tout cas à prouver que l’école de la République, quoiqu’elle soit un peu cassée ces dernières années, a pu rendre en son temps de bons et loyaux services. Il ne fait guère de doute que les heureux bénéficiaires de cette Institution parviennent sans peine à « l’assumer » et à « en être fiers ».

Car la pente est plus raide pour les enfants du peuple que pour les héritiers, quelle que soit le pays natal des uns et les origines ethniques des autres.  En général, ceux qui la gravissent en dépit des obstacles sont taillés pour la course. Du coup, ils sont vraiment « là pour ça ».

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Droite identitaire, gauche "diversisataire" mêmes armes, même combat ?  CLICK
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mardi 24 juillet 2012

UMP : Union pour un Mouvement (très très) Pluraliste ?




« A sa naissance, l’UMP avait pu être interprétée comme sonnant le glas de la pluralité (…) l’échec relatif de l’UMP l’a confirmé a contrario. La pluralité se manifeste à propos de toutes les questions ». C’est René Rémond qui écrivait cela dans Les droites aujourd’hui.

Il l’écrivait avec mesure. Mais nous étions en 2005 et, depuis, l’échec a cessé d’être « relatif ». Il l’écrivait poliment. Mais c’était René Rémond. Pour ma part, au lieu de « la pluralité se manifeste » j’aurais tendance à préférer : « le désordre triomphe, l’instabilité se niche jusque dans les espaces interstitiels, les ego se jettent les uns contre les autres avec fracas. C’est un branle-bas cataclysmique, un chaos apocalyptique, un pic, un cap, une péninsule, un souk d’enfer, un bordel monstre ».

Bref, il y a sept ans, l’historien notait la rémanence d’une diversité dans l’unité. En 2012, nous notons à notre tour un gros tas d’atomisation dans un succédané d’union.

Il n’est qu’à voir la pluralité des « mouvements », « courants » et autres « clubs » qui éclosent ces temps-ci. Il était temps, me dira-t-on. Les statuts du parti le prévoient : « les mouvements expriment la diversité des sensibilités politiques, historiques, philosophiques, sociales qui animent la vie politique française et composent l'Union. Ils contribuent à la richesse du débat démocratique et intellectuel ». Statuts jamais appliqués d’ailleurs, comme le note le journaliste Laurent de Boissieu sur son blog.

Lequel blog mérite d’être parcouru pour se rendre compte combien l’UMP, en fait de parti, est avant tout un agrégat de groupuscules et autre parti-cules. On connaît bien la « Droite Sociale » de Laurent Wauquiez. Se disant spécialisée dans la défense des « classes moyennes », elle s’est surtout illustrée cette année dans la stigmatisation des pauvres gens rebaptisés pour l’occasion « les assistés ». On connaît aussi la « Droite Populaire », qui a réussi l’exploit d’agréger ce qui y a de pire au Front National d’une part et chez Alain Madelin d’autre part, c'est-à-dire l’obsession migratoire et le libéralisme économique : chapeau ! On connaît enfin (un peu) « Le Chêne », la poignée de glands fidèles à Michèle Alliot-Marie, ou le « Rassembement Gaulliste », le petit bidule de Roger Karoutchi.

Mais qui connaît, en revanche, ces machin-choses répondant aux doux noms de « Club Nouveau Siècle », « Dialogue et Initiative », « France.9 » ou encore « La Droite Rurale » ? Qui savait que l’Union pour un Mouvement Populaire était une formation politique « issue d’une grande diversité » ?

Encore était-ce sans compter toutes les novelletés que la perspective du Congrès prévu en Novembre allait nous faire dégringoler sur le coin du bec sans prévenir.

Et pim ! V’là « la Droite Forte » de Guillaume Peltier. Une droite « moderne, courageuse et décomplexée », nous annonce-t-on. C’est sûr que de nos jours, si t’as pas casé « moderne » et « décomplexé » dans un slogan, t’as rien compris. Un peu de « gouvernance » pour assaisonner le tout ?

Et Poum ! V’là « la France Droite » de Nathalie Kosciusko-Morizet, qui met les points sur les « i » à l’instant sur Twitter. Candidate à la présidence de l’UMP elle assure : « ma candidature c’est des idées pour le parti en Novembre. Pas un avant goût de la présidentielle de 2017 »… Ben voyons. Et pourquoi pas une œuvre de charité, tant qu’elle y est ?

Désormais, nous attendons avec une sincère impatience les suites de cette apparition de mouvements. A quand « La Droite Dure » avec Lionnel Luca ? La « Droite Sotte » avec Nadine Morano ? « La Droite Droite mais la Pente Forte » avec Jean-Pierre Raffarin ?

En tout état de cause, pour les amateurs d’anarchie de pluralisme, de cacophonie de débat d’idées, et pour tous ceux qui désirent « s’enrichir de leurs différences », l’UMP semble être l’endroit idéal pour militer. Après la « gauche caviar », la « droite foutoir » ?

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UMP : florilège des vidéos les plus mal-à-droite(s)  CLICK
Le processus de "droitisation" ne se résume pas aux twitts de Morano  CLACK
Les mioches de l'UMP dans les jupes de Duflot  CLOCK


mercredi 18 juillet 2012

Les mioches de l'UMP dans les jupes de Duflot




Lorsque Cécile Duflot est apparue pour la première fois en jean au Conseil des ministres, nous, les "pas cools", avons levé les yeux au ciel. Nous savons bien, les "pas cools", qu'il y avait là une bonne part de comédie. Cette façon de dire "je suis ministre mais détendue" ne trompait personne. Elle était stressée, comme tous les novices du gouvernement Ayrault. Stressée en jean, mais stressée quand même.

Surtout, nous savons aussi, nous, les "pas cools", que lorsqu'on exerce des responsabilités, on doit savoir "tenir son rang". C'est un peu old school mais c'est ainsi. Que l'on soit homme ou femme, d'ailleurs. Imaginez Lauvergeon se pointant chez Areva en tongs brésiliennes ? Ou Louis Gallois débarquant chez EADS en débardeur/Converses ?

Certes, on peut penser qu'être un "degauche", c'est vouloir changer les choses et tâcher de faire du passé table rase. Mais on peut aussi considérer que les codes vestimentaires sont moins urgents à réformer que les modalités de répartitions de la richesse entre le capital et le travail, quand bien même Zadig et Voltaire, Desigual et Cop' copine sont devenus bien plus célèbres que Karl Marx et Friedrich Engels.

Pour autant, si nous n'avons pas aimé la décontraction feinte de Cécile Duflot portant un  jean - fut-il en coton 100% bio - nous avons encore mois aimé, nous, les "pas cools", les sifflets inélégants dont elle fut l'objet hier à l'Assemblée nationale pour avoir osé arborer...une robe ! Alors quoi ? On ne la veut ni en pantalon ni en robe ? Comment doit-elle déambuler ? En pyjama ? En toge romaine ? En uniforme de sapeur-pompier ?

En burqa, peut-être ? Sarkozy avait beau dire que ce "vêtement" n'avait pas sa place sur le territoire de la République, il est manifeste que dans l'esprit brouillé de ses ex-partisans, le voile intégral demeure la tenue la plus adéquate pour recouvrir pudiquement les signes ostentatoires de la féminité.

Et après, on nous expliquera que "toutes les civilisations ne se valent pas"...

La ministre de l'Egalité des territoires a réagi comme il convenait : en usant de l'humour, cette qualité peu répandue chez le prototype mâle de "l'adulescent siffleur". Le début de son intervention dans l'hémicycle était fort drôle : "Mesdames et messieurs les députés, mais surtout messieurs visiblement...".


Il eut été tout aussi indiqué qu'elle invitât ses collègues de l'opposition à voir ou à revoir La journée de la jupe, le beau film de Jean-Paul Lilienfeld. Ou qu'elle leur proposât un deal dans le genre : "j'ôte ma robe mais vous montrez l'exemple en ôtant en premier vos pantalons". Le meilleur moyen, finalement, de découvrir enfin si les parlementaires de l'UMP sont plutôt "slip" ou plutôt "caleçon".

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Voir sans être vue : burqa acte II  CLICK
Les "femmes de", alliées objectives du machisme ordinaire ?  CLACK
Lionnel Luca : le blaireau de la République  CLOCK

jeudi 12 juillet 2012

Et si on testait les talents de la CPI sur des dirigeants de l'Europe ?




« Une condamnation historique » : c’est ainsi qu’est qualifiée, depuis qu’elle est advenue, la toute première condamnation prononcée par la Cour pénale internationale (CPI), visant l’ancien chef de  milice congolais Thomas Lubanga. Nous voilà un chouïa rassurés : ce bidule qui trône à La Haye sert donc à quelque chose. Alléluia.

Ce qui est moins historique en revanche, c’est que ce condamné soit un Africain. Du centrafricain Jean-Pierre Bamba au soudanais Omar-al-Bachir en passant par l’ivoirien Laurent Gbagbo, la CPI semble souffrir d’une obsession afrocentrée. Il ne lui viendrait pas à l’idée, par exemple, de chercher des noises à un Européen.

Pour autant, je vous dispense du traditionnel couplet sur la « Justice à deux vitesses », sur le droit, qui est toujours celui du plus fort, sur Vae victis, et tout le toutim. Si nous voulons lire ça, vous et moi n’avons qu’à ouvrir Le Monde Diplomatique : ça ne nous fera pas de mal.

Et puis, on aurait tôt fait de m’objecter que la Cour de la Haye, ainsi que le prévoit le traité de Rome qui l’institue, n’est habilitée à juger que les génocides, les crimes de guerre, et les crimes contre l’humanité. Or on ne peut pas le nier : le crime de guerre est bien plus fréquent dans les pays en guerre.

Prenons le cas de l’Union européenne. Peu de chance qu’un quelconque dirigeant de ce bel et bon agrégat d’entités nationales vaguement consentantes soit un jour déféré devant la Cour pénale internationale pour crime de guerre. Et pour cause : « l’Europe, c’est la paix ».

Quant aux génocides, nous, européens, n’en commettons plus guère. Il faut dire que nous avons eu une mauvaise expérience en la matière. Depuis, on a carrément levé le pied.

Reste à élucider le grand mystère du « crime contre l’humanité ». C’est quoi, « l’humanité » ? Comment y attente-t-on ? Et un crime, ça a quelle tête, exactement ? C’est à partir de quel seuil ? Ca prend en compte quel degré et quelle nature de souffrances ?

En la matière, le droit dit ceci : « un crime contre l’humanité est une violation délibérée et ignominieuse des droits fondamentaux d’un individu ou d’un groupe d’individus, inspirée par des motifs politiques, philosophiques, raciaux ou religieux ». Saperlotte, voilà qui est fort abstrus ! D’autant que, selon qu’on est un plutôt un salaud ou plutôt un brave type, on peut interpréter le droit de manière soit restrictive, soit extensive. En outre, en droit, il y a certes la lettre, mais il y a aussi…l’esprit.

Et bien faisons-en, tiens, de l’esprit ! Jouons un peu au mariolle ! Feuilletons nos journaux préférés, notamment les pages « Europe », et notons ce qu’on peut y lire ces jours-ci :
-         Grèce : « la Grèce s’attend à une récession pire que prévue en 2012, à 6,7% du produit intérieur brut ».
-         Portugal : « les fonctionnaires et retraités ont dû renoncer à leur treizième et quatorzième mois qui servait, bien souvent, à payer les vacances ou les impôts ». Le gouvernement quant à lui envisage d’exiger « des sacrifices équivalent aux Portugais du secteur privé ».
-         Espagne : « le gouvernement augmentera la TVA et contraindra les fonctionnaires à travailler davantage sans pour autant gagner plus ».
-         Zone euro : « l’Organisation internationale du travail s’alarme particulièrement du chômage des jeunes : de 22% en moyenne pour la zone, il culmine à 30% en Italie, au Portugal et en Slovaquie et à 50% en Espagne et en Grèce ».

Je ne sais pas vous, mais pour ma part, je trouve que cet amoncellement de nouvelles cataclysmiques a comme un air de « violation délibérée et ignominieuse des droits fondamentaux d’un individu ou d’un groupe d’individus »…un peu comme le dit le droit.

De plus, notons que le consentement à cette autodestruction collective actuellement demandé aux peuples d’Europe se fait pour des motifs purement idéologiques. D’une part, « on » a décidé qu’il fallait urgemment « résorber les dettes publiques », mais sans autoriser la Banque centrale européenne (BCE) à les monétiser, ni les citoyens de l’Union à souscrire des titres de dette publique de leurs propres pays. D’autre part « on » a aussi décidé qu’il fallait  maintenir une monnaie unique structurellement surévaluée parce que…parce que…parce que c’est comme ça !

Je ne sais vous, mais pour ma part, j’aurais tendance à soupçonner que ce dogmatisme idéologique à la limite de la pathologie mentale est vaguement « inspiré par des motifs politiques, philosophiques »…un peu comme le dit le droit.

On m’objectera sans doute – mais là, c’est vraiment chicaner – qu’il n’y a pas encore eu de morts. Tout dépend : les suicides, ça compte ou pas ? Et puis, quand un blogueur hellène signe un article intitulé « Grèce : le spectre de la famine », on se dit que les morts, c’est comme l’intendance : ça suivra.

Alors c’est quoi, un « crime contre l’humanité » ? Des dirigeants de l’Union européenne, nationaux ou communautaires pourraient-il comparaître pour ce type d’abominations ? Proposer à de millions de personnes la misère pour seul horizon alors même qu’on vit dans l’un des coins les plus riches du globe, c’est un tout petit peu plus, ou un tout petit peu moins salopard que d’enrôler des enfants-soldats au Congo, comme le fit Thomas Lubanga ? Partant de là, des (ir)responsables européens, pourraient-ils un jour avoir à répondre de leurs actes dans une salle d’audience sise en Hollande-Méridionale ?

En termes d’opportunité, j’ai mon idée. En termes de probabilité, je dirais qu’il faut se laisser un peu de temps. Et du temps, on en a à revendre. Parce que le droit dit – et ça, ce n’est pas interprétable – que le « crime contre l’humanité », c’est im-pres-crip-tible.

Lire et relire:
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C'est toi qui a voté Maastricht, c'est toi qui l'es !   CLICK
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dimanche 8 juillet 2012

J'ai rêvé de l'ancien premier Ministre...et je ne suis pas le seul !




Quatrième volet de la série " dis moi de qui tu rêves je te dirai comment tu votes"


Le rêve « fesses » et fantasque: Patricia a rêvé de Dominique de Villepin

J’ai rendez-vous avec Dominique de Villepin pour lui demander un service. Le rendez-vous a lieu dans son bureau situé dans un jardin tropical au bord de la mer au mobilier en bois exotique, dont un grand bureau sur lequel trône un téléphone bleu carré, et en face duquel se trouve un siège en accordéon particulièrement malcommode.
Situation embarrassante : monsieur le premier Ministre s'allonge sur le siège en accordéon et veut coucher avec moi…..
Je cherche à faire diversion, me dirige vers la porte de son bureau qui donne sur le jardin, où se trouvent deux bébés tigres et un bébé éléphant, ainsi que deux lapins blancs qui font irruption dans le bureau, me permettant très spontanément de me sortir de ce mauvais pas.


Le rêve de puissance : Pierre a rêvé de Laurent Fabius

J'ai rêvé de Laurent Fabius. J'étais lui. Curieux rêve car je n’ai pas une admiration sans borne pour lui. Dans mon rêve, un sourire sur ses lèvres (ou les miennes) ...
Une satisfaction de savoir que je vais conduire la politique étrangère de la France, poste prestigieux à la mesure de mon ego. Remplacer Juppé mon frère jumeau au parcours presque identique. Je sens au fond de moi poindre une satisfaction légitime de ce retour vers le futur. Je repense à Mitterrand, au Rainbow Warrior, au sang contaminé. Victime d'un emportement médiatique qui m'a dépassé j'ai lentement glissé vers l'oubli des has been.
Les fastes du Quai, avec ceci en plus : Ayrault est suffisamment discret pour que j'existe et Hollande n'a pas d'expérience internationale.
Je reprends conscience en abandonnant la peau de Laurent Fabius, je me regarde, je le regarde. Je recouvre mon identité, lui c'est lui, moi c'est moi. Je suis heureux d'être moi, il n'a pas le monopole de l'ego.


Le rêve sportif : Philippe a rêve de Lionel Jospin
 
Je suis Lionel Jospin (oui...) et je joue au tennis contre Ségolène Royal devant un public nombreux… Je décoche un service digne de Roger Federer, du bras gauche. Contre toute attente, Ségolène parvient à le renvoyer d'un revers hargneux et peu académique. Néanmoins sa balle, très liftée, en cloche, retombe en dehors du cours. Mais je suis un peu décontenancé et je commets une double faute, au service suivant. Le match s'annonce difficile...


Lire et relire les premiers volets:
J'ai rêvé d'Henri Gaino : il était plus divin qu'humain CLICK
J'ai rêvé de Martine Aubry après l'avoir croquée CLACK
J'ai rêvé de Sarkozy : j'ai cru souffrir de sarkozyte aigue 

mardi 3 juillet 2012

Politique : les "femmes de", alliées objectives du machisme ordinaire ?



Valérie Trierweiller, Cecila Attias et Carla Bruni

Valérie Trierweiler ne twitte plus depuis le 12 juin, ce qui est une excellente nouvelle. Hélas, quoiqu’on ne nous ait jamais consultés quant à son omniprésence dans la vie publique, la girlfriend-in-chief continue à causer, à faire un peu gloser, et pas mal se gausser.

Les dernières effusions médiatiques en date concernent bien sûr l’inénarrable livre de campagne François Hollande président dont elle a légendé les photos, avec des répliques amenées à devenir aussi cultes que celles du film La cité de la peur. Ainsi, par exemple, cette saillie glacée : « oui, l’homme que j’aime a eu une femme avant moi. Il se trouve qu’elle a été candidate à l’élection présidentielle. Je fais avec ».

Du coup, ça discute et ça dégoise dans la presse people. Le magazine Elle se demandait encore récemment : « Valérie Trierweiler pourra-t-elle rebondir ? ». La question mérite peut-être d’être posée. Mais celles-ci le méritent encore davantage: nous, les « non-femmes-de », pourrons nous rebondir ? Nous, les femmes « lambdas », saurons-nous nous défaire de l’image déplorable de la gent féminine donnée par Madame Trierweiler et par toutes ses semblables ?

En effet, laquelle d’entre nous n’a pas d’ores et déjà entendu, autour d’un café au bureau ou à l’occasion d’un dîner de famille que l’affaire du « tweetgate » n’était jamais « qu'une affaire de bonne-femmes » ? Laquelle n’a pas eu à essuyer ce grand classique de la bêtise universelle: « de toutes façon, les femmes, entre vous, c’est le crêpage de chignon assuré ». C’est bien connu : un conflit entre hommes, c’est un débat d’idées. Mais un conflit entre femmes, c’est une crise d’hystérie.

Sauf que là, pour le coup, de l’hystérie, on n’est pas loin. Avec les caprices de Valérie Trierweiler, le cliché de la femelle incontrôlable a encore de beaux jours devant lui. De même, on aura tôt fait de voir ressortir du fond des années 1950 de vieilles répliques bien de chez nous comme celle-ci: « ben alors, le père Hollande, il ne peut pas tenir sa femme ? »

« Tenir sa femme ». Oui, parce que voyez-vous, comme dans le bon vieux temps, il faut à nouveau les « tenir ». D’ailleurs, si Trierweiler a ouvert une brèche, d’autres n’ont pas tardé à s’engouffrer dedans, à l’instar de Cécilia Attias, accordant un long entretien au Monde du week-end dernier sur le thème « Première dame est un rôle ambigu ». C’est sans doute vrai. Il est probable que ce ne soit pas une position [et non un statut] facile. Mais sachez, mesdames qui aimez tant vous gargariser de votre « indépendance », que, pour celles qui trouveraient le métier de « femme de » trop éreintant, il doit rester quelques poste plus préservés à pourvoir dans ce pays : prof dans le secondaire, gendarme, vendeuse de vêtements milieu de gamme, et tout un tas d’autres choses beaucoup moins « ambigües ».

En attendant, « Carla Sarkozy et Cécilia Attias épinglent Valérie Trierweiler ». Ce n’est pas Gala qui nous le dit, c’est Le Figaro du 28 juin. Le « crêpage de chignon » se poursuit. Elles sont de plus en plus nombreuses, celles que leurs hommes devraient « tenir ».

Il n’y a d’ailleurs pas que celles qui se conspuent. Il y a aussi celles qui se comparent. Vendredi dernier, c’était Madame Valls, violoniste de longue date et « femme de » de souche récente qui s’y collait dans Le Parisien. Elle y affirmait notamment, au sujet de l’épouse du premier Ministre : « musicienne, c’est un peu plus glamour que Brigitte Ayrault, prof d’allemand dans la banlieue de Nantes ». C’est sûr : enseignante en Province, c’est vraiment un boulot qui craint. Avec un pareil job, on peut même s’attendre à ce que Brigitte Ayrault ne s’épile même pas sous les bras.

Ainsi donc, après la « plus belle », en la personne de l’ex-mannequin Carla Bruni, nous découvrons la « plus glamour » : la musicienne. Nous attendons avec impatience qu’on nous désigne « le plus beau c** » ou « la plus forte poitrine ». Car ça, c’est vraiment de nature à faire avancer à grands pas la cause des femmes. Pour cette réelle contribution à l’advenue de l’égalité, nous remercions d’ailleurs au premier chef celles d’entre elles qui se disent « de gauche ».

Pour ce qui nous concerne, il va falloir choisir : d’un côté, nous avons les chiennes de garde puritaines et coincives d’Osez le féminisme qui, telles de Caroline de Haas, apportent au cœur des cabinets ministériels leur longue expérience de la détestation des mâles, leur obsession du viol conjugal, et leur vif désir « d’oser le clitoris ». De l’autre, nous avons une poignée de Desperate Housewives snobs, capricieuses et autocentrées.

Autrement dit, il nous reste à opter entre les pestes et le choléra.

Lire et relire :
Trierweiler : prenons garde à ne pas trop aimer la détester  CLICK
Carla Bruni deux-en-une : belle et bête à la fois   CLACK
Féminisme : les maux et les images  CLOCK
J'ai vécu une JDM (journée de meuf)  CLYCK


dimanche 1 juillet 2012

J’ai rêvé de Sarkozy : j’ai cru souffrir de sarkozyte aigüe !




Julien a rêvé de Sarkozy plusieurs fois par an pendant le quinquennat. Bien que n’ayant jamais voté pour lui, il admet que l’ancien président  le « fascinait et l’insupportait tout à la fois dans [sa] vie consciente ». Le rêve qui suit se situe peu après la fin de la campagne de 2007.

Julien : j'ai rêvé de Sarkozy deux à trois fois par an entre 2007 et 2012, et je me suis toujours demandé si j'étais le seul. Je me disais que ces rêves s'expliquait aisément : d'abord par le fait que le président de la République est en général une figure paternelle. Ensuite parce qu’il est normal qu’une figure aussi hystérique que Sarkozy nous peuple l’esprit.

Dans ce rêve, j'étais dans son entourage et je crois que j'essayais de l'influencer sans trop de succès. J’appartenais à son équipe de campagne. C’était peut-être le soir des résultats, ou un soir proche. Il faisait chaud et nous étions en bras de chemise. Il y avait foule et Sarkozy était affable, taquin et complice. Nous étions dans une certaine expectative. Nous nous entassions sur des tables et des chaises, pour attendre. Il y avait beaucoup de bruit, et je me trouvais assis sur une table en surplomb de Sarkozy, juste derrière lui.

Pour tuer le temps je me mets à discuter mon voisin, et nous faisons des blagues. Et là, je me mets à imiter Sarkozy, avec son mouvement d'épaule, en train de dire "M'am Chabot"... ce qui fait rire mon camarade...mais pas du tout Sarkozy. Celui-ci se retourne brutalement et me disant que j'exagère, tout de même ! Je me rappelle m'être confondu en excuses, et avoir acquis son pardon... Ah le délice d'être bien en cour!

J’ai d’abord cru que je souffrais de sarkozyte aigüe, mais il faut croire que non. Car devinez de qui j’ai rêvé quelques jours après le six mai denier ? De François Hollande ! Je discutais avec lui de stratégie politique, en cheminant le long de couloirs interminables et en passant de bureau en bureau. Je n'arrive pas à me souvenir plus que ça.

Sinon, je connais aussi quelqu’un qui a rêvé plusieurs fois qu’il étranglait Coco Chanel avec un lacet de chaussure. Mais c’est une autre histoire….

Lire et relire les premiers volets:
J'ai rêvé d'Henri Gaino : il était plus divin qu'humain CLICK
J'ai rêvé de Martine Aubry après l'avoir croquée CLACK