Traduire / Translate

lundi 29 juin 2015

Grèce : le grand concours des âneries apocalyptiques commence !


Nombreux sont les commentateurs de la "crise grecque" - en vérité crise de la construction européenne dans son ensemble - à avoir laissé leur déconomètre en charge toute la nuit. Ce lundi, les machines sont donc au taquet, et la projection dans l'atmosphère de prophéties terrorisantes visant à discréditer le gouvernement grec et son projet de référendum, risque d'atteindre un niveau inégalé.

On va tenter de ici de recenser quelques billevesées, histoire de se marrer un peu. Sans doute cet article sera-t-il évolutif car ça promet de pleuvoir toute la semaine. Sortez les parapluies !

****

Choses entendues et commentaires attenants :


1/ En cas de Grexit, la Grèce deviendra comme le Zimbabwé, comme la Zambie, ou comme Cuba
=> Ah bon ? Et même pas comme la Corée du Nord ? Quelle déception ! Mais que fait Jacques Attali ?

 2/ si la Grèce fait défaut sur sa dette, chaque français devra payer 600 €. Correctif : chaque Français devra payer 750 €. Correctif : chaque Français devra payer 1000 €....
 => Quine ! Carton plein ! NB : à la fin de la journée, si ça continue, chaque Français devra donner sa voiture et tous ses vêtements à la Grèce, de sorte que nous déambulerons nus et à pied dans tout le pays, le regard vide et l'air hagard. Nos enfants mourront de faim et ils perdront leurs dents à cause du scorbut.
=> Et sinon, si la Grèce ne fait pas défaut, est-ce que chaque Français aura le droit de toucher 600, ou 750, ou 1000 € ? Et surtout, est-ce votre dernier mot Jean-Pierre ?

 3/ Tsipras a décidé d'un référendum sans avoir prévenu personne, et alors qu'on était, selon Pierre Moscovici, "à quelques centimètres d'un accord".
=> Ben oui, on était vraiment à deux doigts. Ca fait d'ailleurs 5 mois qu'on est à deux doigts. Quel ahuri, ce Tsipras. C'est les jeunes, ça : fougueux, impatients, incontrôlables. Mieux vaudrait négocier "entre adultes", comme dit Christine Lagarde !

4/ En 2011, Tsipras était vent debout contre le projet de référendum de Papandréou. Quelle girouette cet homme !
=> C'est pas en France qu'un truc pareil arriverait, hein ? Pendant la campagne présidentielle de 2012, François Hollande avait promis de renégocier le Pacte budgétaire et c'est exactement ce qu'il a fait ! Comment ça non ?....

5/ Il est impensable qu'un gouvernement convoque un référendum et fasse campagne pour le "non"
=> Euh.... la question de savoir si on fait campagne pour le "oui" ou pour le "non" dépend quand même un petit peu de la question posée, non ?

6/ Ah ben non, même pas.  Lundi matin en conférence de presse, Jean-Claude Junker "demande au peuple grec de voter oui, indépendamment de la question qui sera posée";
=> Hummmm. C'est beau, un homme qui sait vivre dangereusement.

7/ Le gouvernement grec fait de l'idéologie !
=> Bien sûr. Attention d'ailleurs à ne pas confondre l'idéologie (celle des autres par définition) avec l'objectivité chimiquement pure (celle des gens qui partagent vos opinions).

8/ La Grèce exerce un insupportable chantage sur ses partenaires. Son premier ministre est irresponsable. Ca, c'est Nicolas Sarkozy qui le dit.
=> Sarkozy n'a rien compris. Tsipras ne fait pas de chantage, il négocie. Autre exemple possible de négociation : "si tu reviens, j'annule tout".

9/ Si la Grèce s'autonomise trop, elle pourrait devenir un Empire. Oui : parfaitement. Selon Olivier Mazerolle par exemple, "un peuple dont l'honneur est bafoué bascule souvent du patriotisme au nationalisme", surtout si une frange non négligeable de sa population nourrit secrètement "le vieux rêve de la Grande Grèce, celle qui dominerait les Balkans".
=> Ben oui, c'est connu, du patriotisme au nationalisme il n'y a qu'un pas, et du nationalisme à l’impérialisme, à peine plus. Moi, je serais la Bulgarie, j'envisagerais dès à présent la levée en masse. On n'est jamais trop prudent.

10/ Vous partez en Grèce cet été ? C'est une mauvaise idée. Si toutefois vous persistez, attention à ne pas vous faire détrousser. Quelques conseils :

=> Ben oui : comme tous les métèques, les Grecs sont brutaux et avides. Comme l'a récemment rappelé le journal allemand Die Welt , les Hellènes modernes ne sont plus ceux de l'Antiquité. Ils ne sont plus très purs, racialement parlant. Leur européanité est douteuse, mâtinés qu'ils sont de sang turc et slave. C'est notamment pour ça qu'ils peuvent vous voler. Évitez donc de les tenter.                                                                                                                       

                                                                                                        To be coninued....

29 commentaires:

  1. Merci, chère Coralie, de nous faire sourire quand c'est la colère qui domine.

    Cincinnatus
    https://cincivox.wordpress.com/

    RépondreSupprimer
  2. L'économiste danois Jens Nordvig a répertorié qu'entre 1918 et 2012 quelque 67 unions monétaires ont volé en éclat. Toutes les tentatives d'États indépendants de constituer une monnaie commune unique ont fini par échouer. On ne connaît pas de contre-exemple.

    Lisez cet article fondamental :

    http://www.lefigaro.fr/vox/economie/2015/06/29/31007-20150629ARTFIG00142-referendum-grec-vie-et-mort-des-unions-monetaires.php

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. S! L'union Economique Belgo-Luxembourgeoise ('UEBL') a tenu et n'est pas abrogée : elle fut reconduite en... 2002 :

      "La nouvelle convention élargit aussi le champ de l’entente belgo-luxembourgeoise au-delà du seul objectif économique : elle prévoit une coopération renforcée au sein des institutions internationales, et l’intensification des relations en matière d’aide au développement, de défense et de maintien de la paix."
      (cf : http://www.vocabulairepolitique.be/union-economique-belgo-luxembourgeoise-uebl/)

      Supprimer
  3. Merci. Si vous n'existiez pas il faudrait vous inventer!
    Sinon, to be conTinued ;-))
    C.Monge

    RépondreSupprimer
  4. Que l'Europe, l'euro donne le sentiment de céder et c'est la crédibilité de tout le système européen qui sera emportée", avait auparavant averti l'ex-président de la République au côté de l'ancien chef du gouvernement conservateur José Maria Aznar.

    "Par l'irresponsabilité de son Premier ministre, la Grèce s'est suspendue elle-même de la zone euro", a accusé Nicolas Sarkozy.

    en voila d'autres

    RépondreSupprimer
  5. je vois, chère Coralie, que nous avons les mêmes thèmes de consternation, même si les supports divergent... http://gauchedecombat.net/2015/06/29/les-perles-du-grexit-forment-un-beau-collier-de-propagande-mediatique-liberale/

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. et diverge c'est énorme... ^^

      Supprimer
  6. Historique.

    C'est un moment historique, ce soir.

    Lundi 29 juin 2015, à 18 heures 20, la Grèce se déclare en défaut de paiement.

    Lisez cet article :

    18h20 : La Grèce ne remboursera pas le FMI mardi.

    La Grèce ne remboursera pas l’échéance de 1,6 milliard d’euros qu’elle doit au Fonds monétaire international mardi, a annoncé lundi un responsable du gouvernement grec.

    http://www.lesechos.fr/monde/europe/021173479300-en-direct-grece-la-porte-reste-ouverte-assure-le-patron-de-leurogroupe-1132804.php

    RépondreSupprimer
  7. On devrait inventer un mot pour baptiser ces âneries apocalyptiques. Je propose anapoques. Qu'en pensez-vous? Je suis sûr qu'il pourrait faire beaucoup d'usage!

    Sinon, de mon côté, j'ai relevé les premières phrases du journal de France Inter (18h). C'est une sorte de mythologie médiatique de la crise :

    "Les cinq années de réunions organisées pour sauver la Grèce après la découverte de sa dette en 2010 ont abouti ce week-end à une alternative assez radicale : un référendum à l'initiative du premier-ministre grec et que l'on peut résumer par cette formule : la démocratie face à la troïka"

    La conclusion n'est pas odieusement idiote certes, mais le début vaut son pesant de cacahuètes, je trouve.

    Emmanuel B

    RépondreSupprimer
  8. Ca fait du bien de vous lire Coralie.

    RépondreSupprimer
  9. Un truc asse piquant hier matin sur RMC (oui, je suis populiste !) La jeune et fougueuse petite canaille ultralibérale Charles Consigny (rigolo et sympathique cependant), puis l'insupportable Brunet, ont tous deux souligné pour flétrir les Grecs que ceux-ci vivaient mieux que les Allemands, des études le prouvaient, etc. Et dans le même temps ils nous vendent ce miraculeux modèle allemand qui fait qu'on vit plus mal que dans un pays de fainéants désorganisé !!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Le temps ne fait rien à l'affaire, quand on est c..., on est c... (le grand Georges)

      Supprimer
  10. http://www.marianne.net/agora-grece-grand-concours-aneries-apocalyptiques-commence-100235108.html

    RépondreSupprimer
  11. Qu'est ce qu'on rigole , j'ai des frissons de plaisir a mon réveil chaque matin en imaginant l'Europe en ruine et ses dirigeants pendus au bout d'une corde !
    Un président multi escroc , les fesses offertes aux USA ,enfin a la poignée de milliardaires américains qui dirigent le monde , c'est beau l'europe

    RépondreSupprimer
  12. Bonjour, Coralie


    Le moins que l'on puisse dire, cet après-midi, est que la situation est confuse, au point qu'on se demande si quelqu'un (dans les deux camps) contrôle encore quelque chose :

    - les négociations avec la Grèce ont repris...mais par téléphone, pour maintenir le mythe qu'elles sont interrompues;

    -Tsipras semble avoir réussi sa menace, et obtenu ce qu'il voulait : une partie de la dette grecque sera annulée à partir d'octobre - ce qui prouve bien que l' UE a peur des effets d'un Grexit, effets qu'il ne faudrait pas trop minimiser : en réalité, personne n'en sait rien, puisque c'est la première fois qu'un tel cas de figure se produirait;

    -la Grèce se trouve dans une position difficile à défendre rationnellement : refus (ou impossibilité) d'effectuer le remboursement de l'aide prévu pour aujourd'hui avant minuit, mais réclamation de nouvelles aides ;

    -que se passera-t-il si le NON l'emporte au référendum de dimanche, mais que la troïka refuse de faire de nouvelles concessions ? Un nouveau référendum tous les dimanches ?

    -en cas d'accord avant dimanche : le référendum sera-t-il maintenu, ou Tsipras appellera-t-il cette fois à voter OUI ???

    RépondreSupprimer
  13. A deux doigts d'un accord ?

    Certes, mais ces deux doigts, les Grecs ont refusé de se les prendre quelque part...

    Y'a pas à dire, la Grèce, c'est plus ce que c'était !

    RépondreSupprimer
  14. 2/ si la Grèce fait défaut sur sa dette, chaque français devra payer 600 €. Correctif : chaque Français devra payer 750 €. Correctif : chaque Français devra payer 1000 €....

    C'est sérieux ???

    )!(@@)!( ...

    RépondreSupprimer
  15. Parmi les rapprochements très dégueulasses, j'en signale un entendu ce soir sur France Culture, dans l'émission "Du grain à moudre" dans laquelle intervenaient des gens tout à fait bien (Vicky Scoumbi et Romaric Godin) mais aussi un inconnu à la malhonnêté intellectuelle spectaculaire, Laurent Bigorgne ; un inconnu pour moi bien sûr puisqu'il dirige apparemment un think fast (euh... ou quelque chose comme ça) et qu'il sort des jupes du très dépensier Richard Descoings, apprends-je après une recherche hâtive sur le net (il faut toujours rappeler ce genre de liens avec l'ascèse drastique que cultivent avec une abnégation si méritoire les défenseurs de l'austérité la plus punitive). Je transcris donc les propos :

    " [Un non au référendum] risque de plonger la Grèce dans un isolement terrible qui me rappelle à moi, européen, l'isolement de la Serbie dans les années 90. Quand je vois ce cocktail de nationalisme et de pulsions très à gauche, ça nous rappelle des choses qu'on a vu dans les Balkans et qu'on n'a pas envie de revoir"

    Bien à vous,

    Emmanuel B

    RépondreSupprimer
  16. Le meilleur, c'est quand même le terroriste Quatremer dans son billet du 29 illustré ainsi : http://m0.libe.com/blogs/cache/c4/6a/c46a8d53da93182e600843c03d9deb4c.jpg

    RépondreSupprimer
  17. Pendant que l'on prédit 1000 € d’impôts supplémentaires pour chaque français (ce qui est rien vis-à-vis de notre propre dette), le capitaine Hollande prétend que la crise aura peu de conséquences pour nous. Il ne lit pas les journaux?

    RépondreSupprimer
  18. "nous déambulerons nus et à pied dans tout le pays,"
    EXACT :
    Canicule ===> à poil
    Canicule + pollution ===> plus de bagnole ===> à pied

    RépondreSupprimer
  19. Vous avez oublié une des plus belle idiotie qui plane sur cette tragicomédie depuis un certain temps, et qui est connexe à votre point 10 : on "doit" à la Grèce, vu ce que "les Grecs" nous ont donné (philosophie, démocratie, pugilat, etc.). Et qu'est-ce qu'on "doit" aux Romains/Italiens, aux Mésopotamiens/Irakiens, aux Mongoles/Hongrois ? Cette suprématie morale et culturelle, sur laquelle les Grecs contemporains basent leur stratégie du "passager clandestin", non pas depuis leur entrée dans l'UE, mais depuis le 19e siècle sous les applaudissements d'un Occident romantico-ignard (VGE, si tu nous entends), ne semble pas faiblir avec le temps, bien au contraire. Ajoutez-y une pincée de romantisme-léninisme (Mélenchon, si tu nous entends), et un lourd soupçon de national-romantisme (Marine, si...), et vous obtenez un spectre médiatico-politique français des plus convaincants dans le rôle du "cœur des pleureuses" que toute tragédie grecque se doit d'avoir. Tiens, la tragédie, encore un truc qu'on "doit" aux Grecs. Et la pantalonnade, on la doit à qui déjà ?

    RépondreSupprimer
  20. Aux italiens, mon brave.
    Merci d’être passé.

    RépondreSupprimer
  21. Alerte info sur lepoint.fr : "Grèce : le référendum ne correspond pas aux standards européens, selon le Conseil de l'Europe"

    Formidable, non ?

    Un référendum selon les standards européens ce doit être un référendum décidé par les instances européennes ou approuvé par elle, et c'est surtout un référendum ne devant avoir aucun effet d'aucune sorte sur le cours des choses...
    Un référendum selon les standards européens c'est un référendum qui a une apparence, celle de la consultation du peuple, et qui a une réalité, celle d'un coup de force contre le peuple consulté.
    Alors forcément, le référendum grec, il ne rentre pas dans la case...

    RépondreSupprimer
  22. Où puis-je trouver la liste détaillée des 67 unions monétaires qui ont échoué de 1918 à 2012 ? j' ai trouvé ce nombre répété en boucle par des gens qui se donnent l' air de savoir de quoi ils parlent mais se gardent de préciser ce qu' il en est.

    RépondreSupprimer