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jeudi 12 octobre 2017

Lettre ouverte à Jean-Luc Mélenchon, par Ambroise de Rancourt





Ambroise de Rancourt a 29 ans. Il est pianiste, diplomé du CNSM (Conservatoire national supérieur de musique) de Paris. Il n'est pas encarté à la France insoumise mais a voté pour Jean-Luc Mélenchon en 2012 et en 2017. Il lui écrit aujourd'hui pour exprimer des craintes et des griefs. 

L'arène nue est plutôt un blog consacré à l'Europe, avec quelques exceptions. La publication de cette lettre en est une. Venant d'un électeur très informé, elle réaffirme utilement ce en quoi croit toute une partie de la gauche (hélas pas la partie la plus revendicative) et exprime ses inquiétudes quant à la généralisation des thématiques identitaires dans le débat public. Elle est d'utilité publique. 


***


Cher Jean-Luc,

Si je t’écris cette lettre aujourd’hui, c’est parce que je t’en veux.

Je t’en veux, parce qu’un nombre incalculable de fois, j’ai failli me brouiller avec des amis, des proches, en prenant ta défense et, plus largement, celle de ton programme. J’ai voté pour toi en 2012, et en 2017. 

Cette année, ce n’était pas pareil : je n’ai pas voté pour toi de façon compulsive. J’ai voté pour toi après m’être penché sur ton programme, longuement, après l’avoir pesé soigneusement, dans ses moindres détails. J’étais persuadé, en votant pour toi, que tu avais des chances de gagner et surtout, de porter un véritable projet : un projet de transformation économique profonde, de défense des acquis sociaux et intellectuels de notre pays, un projet gaulliste à bien des égards, mais surtout, un projet viable, réalisable, consistant intellectuellement. Je n’ai pas été séduit par ta personnalité, qui m’importe peu et ne me fascine guère, ton talent oratoire, que j’apprécie mais dont je ne fais pas un critère décisif, ni par ton personnage, mais j’ai été convaincu par ton programme, bêtement. Naïvement, peut-être. Et si c’était à refaire, je voterais sûrement pour toi, de nouveau.

En défendant ton programme, j’ai réussi à convaincre un certain nombre de gens autour de moi, je ne sais même pas combien, de te donner leur vote. Il y avait de tout : même des gens qui s’apprêtaient à voter pour Hamon ou Asselineau, voire Marine Le Pen, c’est dire si je me suis sacrifié pour la Cause. J’ai dû persuader une bonne partie de ma famille et de mes proches que non, je n’étais pas devenu un bolchevique assoiffé du sang des possédants – il faut dire qu’avec ma gueule et mon nom, c’était peu crédible – ni un hippie décérébré persuadé de pouvoir rassembler l’humanité autour d’un feu de camp et d’une barrette de shit. Non, j’ai défendu ton programme à coups de chiffres, de bouquins, de convictions que j’avais patiemment construites, en amont, au fil du temps. Et n’ayant que peu d’appétence pour la posture de groupie, je n’ai jamais hésité à reconnaître tes angles morts, tes faiblesses, tes renoncements, parce que le fait de militer pour une cause ne doit jamais, à mes yeux, aboutir à l’application aveugle d’une ligne, ou à l’arrêt de mes fonctions cérébrales. Et j’ai croisé suffisamment de militants qui semblaient avoir fait vœu d’abstinence intellectuelle comme un prêtre son vœu de chasteté, pour être dégoûté par ce panurgisme imbécile que l’on retrouve dans tous les partis.

J’ai vraiment cru, et je crois encore, à la capacité de notre pays à changer le cours de la construction européenne – pas à l’aménager, lui « donner sa chance », non : la remettre sur le métier, et la reprendre depuis le début. Je crois également à la mission particulière de notre pays – c’est une idée qui a tendance à faire sourire, d’ailleurs, aujourd’hui – dans sa transmission inflexible et constante de valeurs universelles, qui s’incarnent dans sa défense maniaque, obsessionnelle, de la liberté d’expression, sa haine – je n’ai pas peur du mot – de l’ingérence religieuse dans la sphère politique, son attachement viscéral à l’égalité républicaine. J’ai cru en ta capacité à incarner et défendre tout cela. Aujourd’hui encore, je reste écœuré par ce mélange de mauvaise foi, de dédain souvent inculte et lapidaire, qui caractérise la façon dont tes détracteurs considèrent les gens qui ont voté pour toi, quels que soient leurs motifs. Et je continue à désespérer en entendant nos dirigeants vanter eux-mêmes, aujourd’hui, la fin de notre modèle social et la destruction de nos plus précieux édifices juridiques, comme étant la clé de notre intégration, forcément magnifique et souhaitable, dans la marche néo-libérale du monde. Comme si la résistance à cet ordre n’était même plus acceptable intellectuellement, reléguée au rang de fantasme doré pour collégien rêveur.

Jusqu’ici, en fait, tout allait plutôt bien. Et puis, au fil de mes rencontres, de mes lectures, mais aussi au fil des morts qui s’amoncelaient en France, en Europe, ainsi qu’en Syrie et en Irak, j’ai commencé à m’intéresser, de près, à l’idéologie islamiste. C’était bien avant de me pencher sur ton programme de 2017, d’ailleurs. 

J’ai commencé, donc, à chercher pourquoi et comment une idéologie issue d’une religion pouvait, en s’appuyant sur divers recueils de textes sacrés que l’on doit admettre aveuglément sous peine d’être appelé hérétique, aboutir à l’endoctrinement massif de jeunes de France ou d’ailleurs. J’ai cherché à comprendre pourquoi des enfants juifs, des dessinateurs, des flics, des citoyens qui n’avaient rien demandé, étaient tombés sous des balles, des pare-chocs, des coups de couteau, sur notre sol. J’ai aussi cherché à comprendre pourquoi des centaines de jeunes Français étaient partis faire le jihad en Syrie – et pourquoi on avait laissé s’installer dans notre pays les prédicateurs et recruteurs aux sources de cet embrigadement sectaire. J’ai cherché, à comprendre pourquoi des entrepreneurs du malaise identitaire, qu’ils s’appellent Collectif contre l’Islamophobie en France, Indigènes de la République ou Baraka City, loin de déplorer une partition communautaire de plus en plus marquée en France, semblaient la cultiver, l’entretenir amoureusement. J’ai compris, enfin, qu’entre ces entrepreneurs identitaires et le Front national, il y avait finalement une formidable convergence de points de vue : une vision ethniciste, racialiste, de l’appartenance non plus à une nation mais à une communauté fondée sur la religion, la couleur. « J’appartiens à ma famille, à mon clan, à ma race, à mon quartier, à l’Islam, à l’Algérie », affirme la présidente du PIR, Houria Bouteldja, là où une Marine Le Pen ou un Eric Zemmour s’évertuent à expliquer que l’islam n’est pas et ne sera jamais soluble dans la République.

Dans ce jeu de surenchère verbale, j’estimais qu’il était du devoir du politique de refuser de prendre parti pour l’un ou l’autre camp. Tout en utilisant les moyens juridiques et policiers pour éteindre, dans le respect des libertés publiques, le phénomène identitaire islamiste. Non pas dans le but de terroriser le bon peuple ou de « stigmatiser » - le verbe est à la mode – une religion ou ses fidèles, certainement pas. Mais avec un objectif double, qui semble t’échapper : protéger, d’une part, l’écrasante majorité de nos compatriotes musulmans, sécularisés et laïques, d’un chantage identitaire dont ils font l’objet – injonction leur étant faite, dans le cadre religieux ou associatif, c’est selon, de choisir entre leur identité islamique (voile, alimentation halal, jeûne du ramadan…) et leur adhésion aux valeurs républicaines ; préserver, ensuite, l’ensemble de la population française, musulmane ou non, de la violence que le terrorisme islamiste fait peser sur elle de façon permanente.

La réalité est la suivante : tes déclarations de 2011, où tu affirmais que les prières de rue étaient systématiquement le fait d’intégristes – ce qui d’après mes recherches scrupuleuses s’est toujours montré exact – et que la solution était de les empêcher en faisant respecter l’ordre public ; ou de février 2017, où tu expliquais – et j’étais d’accord avec toi – que, sans quitter un seul instant une attitude de dialogue et de fraternité vis-à-vis des femmes qui le portaient, nous n’avions pas à rougir d’affirmer que le voile, au vu de notre culture et de notre lutte séculaire pour l’égalité, était un signe d’oppression sexiste, bref : tes déclarations sur le sujet de l’islamisme me semblaient respecter à la fois nos principes républicains essentiels, et le devoir de neutralité religieuse du politique dont j’ai parlé plus haut.

Mais voilà. D’abord, je t’ai vu refuser, progressivement, d’employer le terme « islamiste » pour parler des attentats commis aujourd’hui en Occident. Je t’ai vu défendre Clémentine Autain en pleine campagne présidentielle, et pas du bout des lèvres, quand ses liens avec la mafia de l’ « islamophobie » étaient mentionnés par Manuel Valls. Je me suis fait personnellement insulter par des militants LFI, et traiter de troll du FN (sic) pour avoir osé renvoyer à des affiches événements auxquels cette députée avait participé avec, notamment, Marwan Muhammad, ou pour avoir souligné le fait que Mme Autain avait relayé via son mouvement Ensemble des événements auxquels participait Tariq Ramadan – tu sais, le grand réformiste de l’islam, petit-fils du théoricien de la société islamiste rêvée des Frères musulmans et fier de l’être, qui défend un moratoire sur la lapidation des femmes, et qualifie les caricaturistes de Charlie Hebdo de « lâches » lorsqu’il s’exprime sur Al-Jazeera, avant de se faire défenseur  de la liberté d’expression dans les médias français, quelques jours plus tard. J’ai assisté, et j’en ai discuté avec nombre d’autres militants LFI, à des scènes surréalistes d’omerta, d’interdiction de parler du phénomène islamiste, sous peine d’être relégué à un adjectif : facho. Islamophobe, dans les grands jours. Et j’ai accepté ces qualificatifs avec calme, sans jamais me laisser aller moi-même à l’injure. Pour avoir ouvert les yeux très progressivement sur le sujet de l’islamisme, sur lequel je crois pouvoir dire aujourd’hui que je me défends plutôt pas mal, comme on dit, je sais qu’il faut faire preuve de pédagogie, de mesure et de responsabilité, tant je sais qu’est brûlante toute question qui touche à l’unité de notre pays, et encore plus dans une période où les attentats sont autant de coups de boutoir contre notre pacte républicain, chacun étant sommé de choisir son camp.

Je me permets une petite parenthèse sur le sujet du terme « islamiste », point qui semble accessoire à première vue, mais qui est pourtant essentiel. Je connais la polémique, et bien, entre Olivier Roy et Gilles Kepel, entre « islamisation de la radicalité » d’un côté, « radicalité de l’islamisation » de l’autre. Laisse moi te dire ces quelques mots, très simples : l’islamisme n’est pas une religion. Dénoncer les comportements de violation de l’espace et des libertés publics n’est pas un acte qui stigmatise une foi et ses fidèles, mais qui condamne clairement, au contraire, une minorité agissante qui tente de fédérer autour d’elle tous les croyants. Rappeler quotidiennement qu’il y a, dans toute religion – hier, c’était le catholicisme, et c’est au prix du sang que sa sécularisation s’est faite sur notre sol, tu le sais, et aujourd’hui, c’est l’islam qui se retrouve face à cette problématique en France – un potentiel de dérive sectaire, et de volonté de soumission de l’ordre politique aux lois divines, le rappeler donc, avec force, n’est pas un acte de méfiance, de xénophobie, de racisme : c’est un acte de courage, nécessaire, douloureux parfois, mais qui est, pour reprendre la formule consacrée de De Gaulle, une « impérieuse nécessité ». En refusant d’employer le terme d’islamisme, tu sèmes le doute pour tous nos concitoyens musulmans, que tu amalgames de fait au seul noyau minoritaire et agissant des fondamentalistes : tu les confonds avec eux, tu leur dis, implicitement, que ceux qui se réclament de leur religion pour tuer, sont de leur famille. Plus que jamais, la distinction entre islamiste et musulman doit être faite par le politique. Sinon, voilà le raisonnement auquel on aboutit : comment, dire du mal du terrorisme, mais aussi de l’oppression des femmes au nom de la religion, du refus des valeurs républicaines, ce serait aussi dire du mal des musulmans dans leur ensemble ? Tous les musulmans seraient donc, à l’insu de leur plein gré, islamistes ? Tu sais aussi bien que moi que non, et que ton devoir consiste à nommer les choses, pour permettre justement à l’immense majorité des musulmans français de se sentir reconnus par leur pays, indépendamment de leur pratique religieuse. Tu sais aussi bien que moi – et là, les témoignages, ce n’est pas dans la presse que je les lis : je les recueille directement – que dans certains quartiers, c’est au nom d’une certaine morale religieuse que nombre de jeunes filles, de femmes, se voient interdire de sortir de chez elles vêtues comme elles l’entendent, et d’aller boire une bière entre amies. Bien sûr, ces phénomènes sont diffus : la pression sociale, familiale, du quartier, ne se fait pas à coups de panneaux placardés sur les murs, mais de regards, d’insultes, d’exclusion du groupe vécues au quotidien par celles qui osent braver ces nouveaux interdits.

Plus récemment, certains députés de LFI ont abondé dans le sens d’une minimisation du phénomène islamiste, par clientélisme électoral ou par volonté de dénoncer un supposé « racisme d’Etat » en France, qui serait la justification unique, socio-économique, des attentats. L’islamisme ne serait en réalité qu’une délinquance comme une autre ; le refus de s’asseoir après une femme, au poste de conduite d’un bus, ne serait qu’une manifestation de sexisme ordinaire. Et ceux qui osent souligner cette proximité – elle n’est pas restreinte aux élus LFI, loin de là : les témoignages abondent, ici et là, pour dénoncer la façon dont nos élus locaux utilisent le clientélisme religieux pour s’assurer de meilleurs résultats électoraux – sont donc, tu l’as dit : la fameuse « fachosphère ». Ils ne peuvent donc pas être des citoyens avertis, mesurés, de bonne foi, imperméables aux raisonnements ethnicistes et racistes du Front national, mais sincèrement convaincus de la nécessité de se battre de façon intraitable pour la défense de notre modèle de société ? 

Indépendamment de ces effets de manche médiatiques, je ne peux pas croire que tu réduises le débat politique à un clivage entre deux camps : les fachos, et les autres. Tu as prouvé, lors de la dernière présidentielle, ta capacité à ramener à son bercail historique une large partie de l’électorat ouvrier, qui s’était tournée vers le FN depuis de trop nombreuses années, et cela a sans doute été la meilleure nouvelle des résultats du printemps dernier. Et tu voudrais, le lendemain, te livrer à des anathèmes nourris par ta détestation de Manuel Valls ? A ce stade, je dois le préciser : je n’ai rien, absolument rien de commun, politiquement, avec lui. Son opportunisme, son inconséquence, son exercice du pouvoir, tout me navre chez cet homme. Mais je n’arrive pas à croire que tu manques à tel point de sens politique, que tu ne comprennes pas que le basculement dans l’invective facile et confortable, tant Valls est aujourd’hui détesté en France, est dangereux. Et par ailleurs, quand on connaît le déferlement antisémite subi par l’homme en raison de la religion de sa femme, la cabale organisée contre lui après une photo le montrant avec une ministre israélienne aux positions hautement contestables – il s’agissait en réalité d’un sommet international sur le terrorisme, et non d’un dîner entre amis de longue date – on ne peut que mettre de côté, l’espace d’un instant, son inimitié personnelle pour faire bloc contre les tentatives d’intimidation teintées de complotisme. Dois-je te rappeler que le premier site à avoir lancé la polémique sur ces fameuses photos, c’est Panamza, tenu par le bien connu Hicham Hamza, spécialiste des théories du complot sioniste resservies ad nauseam après chaque attentat ?

Enfin, le clou du spectacle. Hier, mardi 10 octobre, Houria Bouteldja, auteur du célèbre Les Blancs, les Juifs, et nous, ouvrage dans lequel elle se livre à un étalage de haine contre les deux premiers groupes nommés, auxquels on pourrait ajouter les homosexuels, a partagé ton tweet assimilant Valls et la fachosphère, se félicitant de tes propos : « Qui l’eût cru ? Plein de cœurs pour Mélenchon ». Cette antisémite maladive, cette racialiste décomplexée, qui promeut la « non-mixité », y compris des mariages, qui se permet de manipuler les termes de « race » ou de « tarlouze » comme aux plus belles heures de notre pays dans les années trente, se réjouissant de ton positionnement ? Pour moi, c’est un véritable désastre. Voir s’opérer une jonction entre ton discours souverainiste, républicain, laïque et social, et ceux qui cherchent à le détruire de toutes leurs forces, sans que personne ne songe à contester, au sein de ton mouvement, ce rapprochement ? Mes échanges avec des militants, nombreux, mais aussi des responsables de LFI, sont à cet égard instructifs : ils sont beaucoup à s’inquiéter de cette dérive identitaire d’un mouvement comme le tien. Ils sont beaucoup à ne pas comprendre le cap que tu cherches à fixer, toi le défenseur historique de la laïcité, en envoyant autant de signaux contradictoires, de frilosité face aux nouveaux racistes, aux nouveaux intégristes, qui n’ont rien à envier à ceux que notre pays connaissait déjà depuis des siècles, par leur violence et leur haine de la République.

L’islamisme est aujourd’hui, à mon avis, l’un des thèmes les plus essentiels pour notre pays, avec la construction européenne, la transition énergétique, l’éducation. La différence est que je n’en fais pas la seule, l’unique priorité, et je ne te demande pas de le faire, d’ailleurs. Je te demande simplement, en tant que militant lambda, bon connaisseur du sujet, de remettre tes convictions laïques au centre de ton discours, d’arrêter de caresser les intégristes et agitateurs communautaires dans le sens du poil, parce que d’une part, je pense, je sais qu’il y a urgence. Mais aussi, et SURTOUT : parce que je pense que tu te trompes du tout au tout sur le plan tactique, et qu’une telle mollesse sera sans doute ton premier handicap quand viendra 2022 où, je l’espère, tu défendras à nouveau ton programme, dans toutes ses composantes. Si tu veux rassembler derrière ta candidature, une ligne de partition communautaire et de complaisance vis-à-vis de l’islamisme te coupera inéluctablement d’une large part des Français, appartenant pour beaucoup à cette « France périphérique » qui n’est ni forcément raciste, ni « islamophobe », mais qui sent que face aux nouveaux obscurantistes, la République doit être forte, et fière de son héritage ; et qui vit dans la peur du prochain attentat et de la dissolution des liens entre elle et une partie de ses compatriotes.

Pardonne-moi d’avoir été long, sûrement grandiloquent parfois. Mais je crois trop profondément en l’intelligence, la viabilité, la nécessité de tes propositions pour notre pays, pour te laisser gâcher tout cela par ce qui me semble être un très mauvais calcul politique, qui hypothèque de façon certaine tes chances de te qualifier pour le second tour en 2022. Et je crois me faire en cela le porte-parole d’un certain nombre des sympathisants de La France Insoumise, bien moins négligeable que ce que tu sembles penser. Nous, militants ou citoyens, avons besoin de ton intransigeance dans la défense de notre universalisme républicain, et de ton insoumission, justement, pour faire résonner avec force, partout, ces trois mots : Liberté, Egalité, Fraternité.

Bien amicalement,

Ambroise. 


36 commentaires:

  1. Des idées, Mélenchon en a incontestablement, et je suis sûr qu'en son for intérieur il est d'accord avec vous. Mais c'est aussi quelqu'un qui, entre la gamelle et les idées, choisit toujours la gamelle, l'intérêt personnel ou tactique immédiat (comment a-t-il prospéré dans un PS en pleine mue néo-libérale, à votre avis ?). Il a considéré qu'il avait intérêt à soutenir Autain jusqu'à lui accorder un poste de député : je doute très fort qu'il tourne casaque pour être en accord avec ses idées républicaines.

    Quant aux insultes des militants FI, c'est tout de même un grand classique et je dirais que c'est ainsi dans tout mouvement sectaire. Dès qu'on ose critiquer un peu la ligne officielle (aussi floue et difficile à comprendre soit-elle, d'ailleurs), on est forcément un facho, un vendu, un idiot ou un manipulé. Bienvenue dans le marigot gauchiste, où l'injure, la grossièreté et l'outrance tiennent souvent lieu d'argumentation, car ce qui compte y est moins de convaincre que de marquer son territoire.

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    1. membre de la france insoumise, je suis tout a fait en accord avec Ambroise, par contre Antoine ouvre les yeux, tu crois qu'il est nécessaire d'être dans le marigot gauchiste pour être critiqué lorsque l'on est pas d'accord avec la ligne du parti ?????? ah, ah,ah!!!!!!!

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  2. J’ai deux grandes divergences avec l’auteur de cet article :
    1-Je ne crois pas que l’on puisse changer le cours de la construction européenne ;
    2-Je ne crois pas que l’islamisme doive devenir un thème essentiel du débat public.
    Et je suis assez consterné de voir l’auteur de cet article reprendre à son compte les accusations mensongères contre Clémentine Autain qui n’a jamais tenu meeting commun avec Tariq Ramadan.
    La seule vraie question que l’on doit se poser à propos de LFI, on doit se la poser également à l’égard de tous ceux qui prônent une politique alternative au néolibéralisme : sont-ils déterminés, pour pouvoir appliquer leur programme, à rompre avec l’UE et à sortir la France de la zone euro ? Si la réponse est positive, il faut voter pour eux. Si elle est négative, il faut passer à autre chose.

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    1. Sans revenir sur les divergences, un peu longues à être traitées ici, je me permets de vous faire remarquer que l'auteur ne dit PAS qu'Autain a tenu meeting avec Ramadan, relisez, mais que son mouvement a relayé, ce qui est factuel et prouvé. Donc repartir sur de soi-disant "accusations mensongères" alors que tout ceci a été prouvé à de multiples reprises, non quoi, il faut assumer à un moment.

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    2. c'est dit et c'est bien dit

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    3. Autrement dit, si je suis votre raisonnement, si Tariq Ramadan participe à un événement, tous ceux qui y participent ou qui le relaient sont des islamo-fascistes, et peu importe ce qu'est cet événement... ? Cela s'appelle faire de l'amalgame.

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    4. Oui toi, c'est exactement ça.

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    5. @ Moi ...et si on change les noms, à la place mettons Jean-Marie Lepen vous en pensez quoi des personnes qui assisteraient à un colloque où ce triste sire serait présent ....amalgame ou pas amalgame ...ça pique ou ça pique pas ? hypocrisie ou pas hypocrisie?
      Oui les personnes qui assistent à des réunions où des personnages aussi polémiques sont présents relais l'idéologie de ces personnages, passivement certes mais tout de même...exception si vous êtes en mode "espion" mais pour Autain c'est h.s. elle est copain comme cochon avec les Ramadan et toute la sphère frériste...

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  3. L'EI a réussi à prendre des propos de Michel Onfray pour plaider sa cause. On n'est pas responsable de qui nous récupère...

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  4. Ce texte, j’aurais aimé être capable de l’écrire...

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  5. Il y a des points où je ne suis pas d'accord et que je trouve flous ou non-argumentés. Par exemple lorsqu'il dit "Plus récemment, certains députés de LFI ont abondé dans le sens d’une minimisation du phénomène islamiste, par clientélisme électoral ou par volonté de dénoncer un supposé racisme d’Etat", il n'explique pas en quoi ni comment ni sur quoi il s'appuie pour avancer cela. Enfin lors de sa conclusion, il opine que la FI ne fait pas de l'islamisme une priorité, or c'est absolument faux, puisque cela est intimement, étroitement imbriqué dans les thèmes de la lutte contre le terrorisme et la défense de la laïcité en France. La FI a une vision globale du problème.
    Par ailleurs, il reproche aux députés de la FI d'éviter l'emploi du mot "islamisme". Je ne sais pas si cela est vrai, je ne l'ai pas remarqué, mais peut-être... Cependant il est interessant de réfléchir aux conséquences de ce mot, choisi peut-être à tort, pour désigner un fait de société qui vient stigmatiser tous les musulmans qui n'ont rien à voir avec l'islamisme radical. Ne soyons pas dupes, les gens font malheureusement l'amalgame islamisme = islam = musulmans = terrorisme. Et toute cette inéptie est contenu dans ce mot. Le langage est indissociable de la pensée.

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    1. Totalement d'accord avec vous. C'est malheureusement ce genre de texte incertain qui démobilise les plus tièdes qui sont souvent sous informés et ânonnent la malfaisance médiatique et politique…

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    2. Minimiser : parler comme Obono de "sexisme" pour un intégrisme religieux ou de "martyr" pour un terroriste etc etc
      Le terrorisme et l'islamisme sont deux choses tous à fait différentes, que vous ne le sachiez pas explique votre incompréhension de l'article. La "vision globale" c'est de voir que le terrorisme actuel fait partie de l'islamisme et non l'inverse.
      Vous êtes le seul à ne pas avoir remarqué que Mélenchon ne prononce quasiment jamais islamisme et a même poussé le bouchon jusqu'à dire que les djihadistes étaient des "apostats" de l'islam.....
      Le mot n'est pas choisi à tort il décrit une réalité, des faits, une idéologie que connaissent bien tous les musulmans qui ont connu déjà cela en Algérie ou ailleurs. Et "islamisme radical" ça n'existe pas. L'islamisme EST radical !
      La stigmatisation vient justement des pudeurs de gazelles. Ne pas en parler, nier le réel ouvre la porte à tous les amalgames. Il suffit de dire "le terrorisme est islamiste" et l'islamisme n'est pas l'islam", comme pour toutes les franges radicales des religions, passées ou présentes.

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    3. le véritable antiracisme, c'est de considérer les personnes pour ce qu'elles font et disent, pas pour leur origine. En ce sens, Obono et Bouteldja ont des comportements et des discours insupportables, même si cela est difficile de le reconnaître.Mais ne pas le dire est une forme de racisme à l'envers, de paternalisme .

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  6. L'auteur donne l'impression de confondre islamisme, extrémisme (aussi appelé islamisme radical) et terrorisme. Le fait est que le terme d'islamisme n'est pas un concept précis, pertinent, mais une méfiance plus ou moins définitivement haineuse, toujours abusivement généralisée, envers les musulmans qu'on soupçonne d'être coupables de mal penser, d'être une menace idéologique pour notre sécurité, notre liberté de culte et de croyance, notre capacité à vivre ensemble, notre République en somme. Le fait est, aussi, que l'emploi de ce terme implique inévitablement une confusion entre Islam et islamisme, entre musulmans et menace.

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    1. Ne faites pas de votre ignorance une vérité générale.
      Est islamiste toute doctrine selon laquelle les normes juridiques et sociales doivent reposer sur un fondement transcendant lié à la religion musulmane.
      La laïcité consiste justement à dénier ce rôle à la religion, à la circonscrire au domaine privé et à trouver un fondement de ces normes immanent à l'humanité. À tout hasard, c'est ce que constituent les droits de l'homme vis-à-vis de nos démocraties occidentales.

      Par ailleurs tout islamisme est radical. L'adjectif "radical" caractérise ce qui remonte à la racine, au principe, au fondement. Il n'ajoute donc aucun sens au mot "islamisme" puisque ce dernier caractérise lui-même le fait de remonter à un fondement religieux de la société et des normes qui la conduisent.

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  7. Ce n'est plus une lettre mais un pavé .
    Le principal est que l'auteur ait compris que l'avenir en commun est le seul avenir qui me convienne pour mes enfants.

    Toutefois je ne vois pas ce que l'islam vient faire là dedans .
    Je fais partie de ceux qui pensent que les attentats sont organisés par le système .

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  8. Une bienvenue grandes lettres pour quelqu'un qui se laisse manipuler et qui essaie de se justifier.. pour moi nul et non avenu..

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  9. T'as 29 ans. Tu veux en démordre avec les causes. C'est fort bien.. Force est de constater que les néo-esclavagistes passent leurs temps à lancer des os à ronger et toi armé de ton élan du jeune fougueux tu t'es jeté en premier pour ronger l'os. Bravo d'avoir joué le jeu des Macronnistes. Bravo t'as ouvert une brèche qui ne se refermera jamais. Bien que imparfaite, nous avons fait le choix de l'avenir en commun. A savoir que nous ne pouvons être d'accord sur tous les sujets mais nous avons en commun la plus grande partie des sujets. Et si "nous" tombons, je ne parle pas pour toi car tu es déjà dans ta fougue vengeresse. Oui si nous tombons, qui selon toi peut représenter sérieusement l'opposition ? Donc dans ce petit jeu de Je t'aime moi non plus. Je te propose de mettre un peu d'eau dans ton vin. T'es en train de détruire toute chance d'union pour défaire le nouvel ère du servage qui attendent pas seulement toi mais aussi tes enfants et les enfants de tes enfants. Calme-toi et arrête de croire qu'il n'existe rien à composer dans ce monde.

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  10. C'est bien qu'il y ai un debat entre ce qu'il reste de la FI... ce texte me parait salutaire bien que jsuis pas ok avec le miroir FN/islamisme. M'intéressant également de pres aux reseaux et phénomènes islamistes dés 2012 apres les tueries de merah je n'ai pas pu voter Melenchon qui est à coté de la plaque et entre Autain Obono et toute une pleiade d'élues et d'élus proche des "agitateurs communaitaires" qui ont fait de l'entrisme au front de gauche... jai vu donc depuis 2012 que Melenchon n'avait pas avancé sur ces sujets et étant traité de "facho" et "islamophobe",2 termes completement dévoyé, aussi bien par les militants pro Hamon que militants pro Melenchon il m'était impossible de partciper à cette mascarade peu imporye leur programme economique et sociale.
    L'extrême droite identitaire nous observe et s'engouffre dans les errances de la gauche ce qui avait déja été le cas apres 2002. Les islamistes type freres musulmans nous connaissent également très bien et ont adopté les codes de la gauche anticapitaliste anti imperialiste pour mieux intégrer les cercles politiques de gauche... ils ont réussi a berner tout le monde car ils nous connaissent mieux que nous les connaissons. Les français de toute conviction confondu est victime de ces égarements clientelistes à gauche et du langage décomplexé de la droite raficale et extremiste.
    La FI sera pourri de l'intérieur par ces sujets qu'ils ne maitrisent pas et tente de relativiser pour ne pas froisser certains soutiens. Il ne faut s'étonner qu'une gauche republicaine limite ultra laïque pro Valls emerge et se confronte plus à la FI qu'au FN. Des electeurs pourraient même être attiré par une certaine droite patriotique de Phillippot... qui lui aussi connait les faiblesses et manquements de la fi sur ces sujets...
    Pr ma part je pense que c'est trop tard pour Melenchon sur ces sujets clivants comme il est trop tard pour Valls... et Macron a compris bcp plus de choses que ces 2 là reunis ;)

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    1. Le problème, c'est que l'anticapitalisme ne saurait constituer un programme politique en soi. Le christianisme et l'islam n'ont aucun problème à « récupérer » un tel message, puisque ces deux religions se sont toujours targuées d'être du côté des pauvres, des humbles, des gens de peu... N'oublions pas que le projet du socialisme, à l'origine, ce n'est pas la simple charité ni même la redistribution des richesses, c'est de rendre la classe ouvrière maître de son destin. Ce qui implique d'être libéré non seulement de la servitude économique mais aussi de la tutelle religieuse.

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    2. Je suis d'accord avec Antoine. Les religions monothéistes sont opposées à l'idée de lutte des classes, à la République et la souveraineté du peuple. Toutes les théocraties ne sont-elles pas dictatoriales ? L'émancipation des gens commence par la lucidité sur les religions : nous n'avons qu'une vie et il appartient à chacun de choisir de ce qu'il veut en faire. Les religions ont chacune un projet de société politique qui est fondé sur l'obéissance et l'inégalité, mais les fidèles ne sont heureusement que rarement des intégristes.

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  11. je partage votre analyse, pour autant elle me parait réductrice dans le sens où vous la limiter à la seule religion musulmane.
    Les radicaux ou intégristes catholiques, juifs, ou bouddhistes sont tout aussi dangereux et l'actualité nous le démontre malheureusement.
    Bien à vous

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  12. Le grief serait que cette dinde antisémite de H.B. a retweeté il faudrait que notre ami soit conscient qu'il n'existe aucun moyen d'empêcher ce genre de chose.

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  13. j'avoue avoir été intéressé par cette lettre ouverte, jusqu'au moment où l'auteur déclare la haine de la religion. Peut-être ai-je tort, mais j'ai vu dans cette expression les propos d'un franc-maçon, et donc cette lettre est devenue pour moi, non une lettre ouverte mais un échange d'amabilités entre frères de loge

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  14. Bonjour Ambroise,
    Ayant le double de ton âge, et vu que tu tutoies JLM, je me permets de te tutoyer.
    D'abord, merci pour cet article qui permet un peu,grâce aux commentaires, de voir où on en est.
    Globalement, je suis OK avec toi concernant Jean-Luc M..
    Sa grandiloquence le dispute trop souvent à son éloquence et si la 2° est clairement un atout, la première est une grande faiblesse.
    Même si je suis d'accord avec ton point de vue concernant l'islamisme et si je ne supporte pas la position de certains soutiens de JLM, je ne pense pas qu'il faille en faire un point central du débat politique.
    J'ai un certain respect pour JLM essentiellement à cause de son programme (malgré les angles morts)et je reconnais un énorme travail aussi bien pour son élaboration que pour sa diffusion.
    J'ai voté pour lui sans aucun regret.
    Pour moi, il a commencé à retrouver ses vieux démons entre la présidentielle et les législatives, où je pense, qu'avec un peu plus de souplesse et un peu moins d'obsessions, l'opposition de gauche aurait eu un peu plus de poids qu'elle n'en a.
    Je pense aussi que la "France Insoumise" est un très mauvais nom, peu rassembleur, et qu'en fera t'il, si, un jour, il arrive au manettes ? Je suggère la "France Innovante", (il pourra garder le logo), ça veut pas dire grand chose mais c'est à la mode, et il n'aura pas besoin de changer de nom s'il gagne.
    Sinon, je ne compte pas sur lui pour 2022, je pense que cette période qui s'annonce est très imprévisible et que si un inconnu avec des idées un peu rancies à pu prendre le pouvoir en quelques mois, toutes les surprises sont possibles.
    Pour conclure, je suis heureux de voir des jeunes qui réfléchissent un peu et qui s'engagent et je termine tel un vieux c. que je suis avec ma maxime favorite du moment.
    "Il n'est pas nécessaire d'espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer" attribuée à Guillaume D'orange.
    Cordialement,
    Henry


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  15. Florent Cappalletti : "Les radicaux ou intégristes catholiques, juifs, ou bouddhistes sont tout aussi dangereux et l'actualité nous le démontre malheureusement." C'est vrai que le terrorisme catho, juif ou bouddhiste endeuille la France chaque semaine... ET SINON VOUS FUMEZ QUOI ?

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  16. Bonjour. Beaucoup de choses justes dans ce texte, qui passe pourtant à côté d'un point essentiel. Pour beaucoup, dont moi, qui suis très loin de LFI, très loin du gauchisme comme de ce que vous appelez l' "islamisme", ce n'est pas une quelconque complicité ou passivité ou naïveté, qui conduit à ne pas apprécier et à rechigner le terme d' "islamisme". Ce n'est pas, encore moins, par volonté d'amalgamer Islam et extrémisme ou musulmmans et salafisme : tout au contraire. Vouloir précisément distinguer islam et "Islamisme", et donc Islam et salafisme, ou Islam et wahhabisme implique pour commencer de ne pas associer le terme "Islam" à ce que vous qualifiez fort justement d'idéologie. Une idéologie effectivement, ethniste et suprémaciste, dévoiement d'une spiritualité ( l'Islam recouvre nombre de religions s'en réclamant ) dévoiement classique d'une spiritualité, la nature humaine étant ce qu'elle est. Utiliser le terme d'islamisme, c'est donc tout au contraire rendre service aux salafistes en associant leur idéologie stupide et souvent répugnante au terme "Islam", qui qui est bien le radical du terme "islamisme". De surcroît en français, le suffixe "isme" ne désigne pas nécessairement, et pas principalement, une "idéologie". Communisme, féminisme, nationalisme, socialisme, racisme même, régionalisme, localisme, sont des termes qui peuvent recouvrir des idéologie différentes voire opposées. Mais ils désignent toujours une adhésion, extrémiste mais éventuellement seulement, au radical du terme qu'il accompagne. Pour le local, pour la région, pour la nation, pour la Commune, etc.

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  17. Suite : Or non, de notre point de vue, du vôtre, ces gens n'adhèrent pas à l'Islam, mais à une idéologie qui en émane et qui en réalité la contredit, tant il est vrai que les grandes spritualités ont en commun, dans leur essence, un certain nombre de valeurs communes, fort éloignées de la haine et du tribalisme. Utiliser le terme d'islamisme est donc rendre service aux "islamistes" et donc aux salafistes, à un autre titre : il heurte les musulmans non "islamistes" et non salafistes, qui n'acceptement de voir le terme désignant leur spritualité servir de radical - sans jeu de mot - à un terme signifiant obscurantisme, fanatisme, violent, terroriste, et j'en passe. Chrétiens, bouddhistes, juifs, apprécieraient-ils que l'on désigne les extrémistes en leur sein, par les termes de chistiannisme" "judaïsme", ou bouddhisme ? Ou christiannistes, judaïstes, et bouddhistes ? Bien sûr que non. Il n'est pas anodin de constater au demeurant qu'en France, les plus hostiles à l'islam, les fameux "islamophobes" n'hésitent plus désormais comme le Figaro le weekend dernier, à oublier le suffixe en "isma" pour désigner les salafistes, frères musulmans ( un salafisme haut de gamme ) et autres "islamo-gauchistes" comme des "agents de l'Islam", je cite. Il n'est pas anodin non plus de se faire la remarque suivant : les lectures les plus hostiles à l'Islam que nous proposent Onfray, Zemmour et d'autres, quelles que soient leurs qualités par ailleurs, sont en tous points comparables aux lectures des salafistes, Qardaouis et autres "imams de Brest". Seule le parti-pris change : les uns sont contre quant les autres sont pour. Mais la lecture est la même. Zemmour et l'Imam de Brest, même combats, même haddiths, Onfray et Qardaoui, même logique textualiste et décontextualisée. Zemmour ne se gratte d'ailleurs pas pour dire que "les salafistes" ont raison, qu'ils sont les "vrais musulmans", ce qu'affirment eux mêmes les salafistes en question, notamment dans nos banlieues, à des des gamins violents et déracinés. Donc c'est précisément au nom de tout ce qui vous préoccupe fort justement, dont vous vous alarmez à bon droit, qu'il faut renoncer à ce terme qui crée plus de confusion qu'autre chose, et interdit de ce fait une dénonciation nécessaire et même vitale de l'idéologie qu'il est censé désigné. De la même manière je dirais qu'il en va de même du terme "Djihadiste" employé à toutes les sauces et avec gourmandise par nombre de commentateurs. Les "Djihads" puisqu'il y en a deux, le grand et le petit, désignent bien autre choses que le terrorisme fanatique qui frappe aussi bien à Paris ou Nice qu'à Damas ou Alep. Le "Grad jihad" désigne le combat intérieur qu'un homme se doit de mener contre le mal et pour me bien. Le "Petit Djihad" désigne la légitime défense, le droit de se battre contre celui qui vous oppresse en tant que musulman. Autrement dit la "résistance à l'oppression", de notre déclaration des droits de l'homme, tout simplement. Sont-ce là les combats que mènent salafistes et terroristes en Syrie ? Enfin, last but not least, la géopolitique. Ils sont bien peu nombreux ceux qui dénoncent le principal responsable de la "salafisation" et donc de la corruption de l'islam partout dans le monde et singulièrement chez nous, à savoir l'Arabie saoudite.

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  18. Suite : Comment se fait -il si l' "islamisme" est, notre ennemi que ce régime soit protégé et choyé, et autorisé à contrôler La Mecque, lieu saint de tous les musulmans, quelle que soit leur religion ( les quatre écoles sunnites, l'alaouisme, le chiisme duodécimain, l'alévisme, le bektachisme, et j'en passe ? Comment se fait-il que messieurs Hollande, Fabius et Ayrault, aient soutenue le salafisme et le terrorisme en Syrie, financé par les Saoudiens, et qui a formé tous ceux qui ont frappé la France ? Bonne question, non ?

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    1. Merci, Auguste George, pour vos commentaires plein de justesse et de précision.

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  19. Je suis d'accord sur l'essentiel avec ce qu'écrit Ambroise de Rancourt.

    J'ai trouvé que la campagne de Mélenchon en 2017 était meilleure que celle de 2012 :
    - Plus ferme sur l'Union Européenne.
    - Arrêt de ce "front contre front" contre le FN qui fut un échec en 2012. Au lieu de combattre systématiquement le FN, il faut reprendre des thèmes souvent abandonnés depuis les années 80, abandons qui ont poussé une grande partie des couches populaires vers le vote FN. Mélenchon semble l'avoir compris en 2017.

    Mais, il y a des critiques.
    - La personnalité de Mélenchon : il a manifestement un ego sur-dimensionné, il a de la peine à reconnaitre quand il s'est trompé, ...
    - Surtout, parmi les Insoumis, on trouve des gens que je n'apprécie pas du tout. Cela conduit Mélenchon à être parfois ambigu. Quelques exemples.

    Je suis instituteur retraité.
    Je suis hostile aux idéologies pédagogistes (souvent de gauche, hélas !) qui détruisent l'école publique.
    Les gens qui connaissent Mélenchon savent qu'il est lui aussi hostile au pédagogisme. Mais, on ne s'en est pas aperçu pendant la campagne. Pourquoi ? Parce que, parmi les Insoumis, il y a des adeptes fanatiques de cette idéologie calamiteuse.

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  20. Je constate aussi que, parmi les Insoumis, on trouve des gens plus que complaisants envers l'islamisme.
    Ce n'est pas le cas de Mélenchon, mais cela le conduit aussi à l'ambiguïté.

    Il est insupportable d'entendre ou de lire chez certains (dont des dirigeants du PCF, parti auquel j'ai appartenu pendant 32 ans) que la moindre critique de la politique de Najat Vallaud-Belkacem, c'est du racisme ou du sexisme.

    Je me réjouis quand une prof de français nommée Fatima Aït Bounoua critique avec force la calamiteuse politique scolaire de NVB. Au moins, on ne peut pas accuser Fatima AB de racisme anti-maghrébin, ni de sexisme.

    Je trouve inadmissibles aussi les accusations de racisme quand on ose critiquer les déclarations scandaleuses de la député Danièle Obono (FI).

    Allez, une autre chose agaçante chez Mélenchon : quoiqu'on pense de Manuel Valls, le traiter de "nazi" est d'une stupidité affligeante.

    Sur les rapports de certains de la gauche radicale (dont le NPA et aussi Ensemble, le parti de Clémentine Autain, voire certaines organisations du PCF), je renvoie à un article très intéressant écrit en 2015 par Jack Dion, ancien de "l'Humanité", maintenant à "Marianne" :

    https://www.marianne.net/debattons/editos/quand-la-gauche-radicale-sacoquine-avec-des-accros-de-lintegrisme

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  21. j'ajouterai, après bien des hésitations, que sa hargne exclusive contre les chrétiens, à l'heure où des milliers d'entre eux se font assassiner dans le monde, est criminelle et qu'il agit exactement comme ceux qui ont la haine des musulmans! ça suffit, il n'a plus le droit d'accaparer les causes et les luttes progressistes qui ont existé bien avant lui et le programme de la FI n'a pas été écrit par lui ni par ceux qui commencent à y monopoliser la parole aujourd'hui! nous savons tous qu'il y a bien d'autres voies de résistance à la destruction de la république que la FI!
    et je ne prèche pas pour mon église puisque je n'en ai pas mais je refuse de voir ceux qui se disent progressiste tirer parti de la confiance de ceux qui misent leurs espoirs sur ce mouvement être instrumentalisés sans rien dire en retour! il est pire d'être injuste et haineux au nom de l'humanisme que de n'importe quelle autre idéologie! on ne se laissera pas saboter de la pire des manières, par la soumission de certains d'entre nous aux compromissions stratégiques avec des gens dont l'ambition est en vérité la revanche et l'ambition personnelles!

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  22. Le piège de l'internationalisme se referme sur la FI...
    Le principe fontamental défendu par la gauche "radicale", dont sont issus bon nombre de leader FI, est i'internationalisme, en ce mois d'octobre 2017 on peut évoqué octobre 1917. L'ancien nom du PS était, Section Française de l'Internationale Socialiste. C'est à dire que le projet politique des ces socialistes ne s'arretait pas aux frontières des états....

    Ceci explique que JLM, C Autain et d'autres ne peuvent se résoudre à voir une frontière entre les citoyens. Pour eux la citoyenneté est transfrontalière. Ceci est un préalable intangible!

    L'autre pôle de cette polémique est constitué par le coeur du "libéralisme". L'individu d'abord, l'individuation maximale possible et une contractualisation pour régir, réguler les relations entre les individus. La base du contrat est l'accord entre les parties, souvent dans une relation à deux. Du coup toutes les autres formes de socialisation sont mises à distance, la langue, la religion, et tout ce qui constitue le "ciment social" garant de la cohésion d'une société. Tous ceux qui ne sont pas "aptes" à s'inscrire dans cette forme de société sont donc "marginalisés et orphelins" d'une appartenance à un corps social dense, structurant, et de fait tout simplement ignoré par les promoteurs de la liberté individuelle comme seul horizon souhaitable.

    Tous ceux qui sont "exclus" ou refusent de souscrire à ce modèle, y compris dans sa dimension économique, chacun ayant l'injonction de trouver sa place, voire de la faire. Tous ces individus, hors tendance, trouvent refuge dans les schémas de socialisation qui restent accessibles, voire sont promus.

    Une formule pourrait résumer cela "quand tout fait défaut autour de vous il reste dieu pour tous". Ou encore une communauté au périmètre plus ou moins défini, les jeunes, les vieux, les blancs, les noirs, les juifs, les arabes,les français, les riches, les prolos, enfin tout ce qui est évident et directement accessible sans autre analyse ou pensée construite.

    Du coup on débouche sur un paradoxe ou un principe philosophique généreux et humaniste entre en résonnace avec certaines formes de sectarismes plus ou moins structurés. Le périmètre de la communauté envisagée...

    Typiquement, revendiquer la liberté religieuse en interprétant la laïcité comme une juxtaposition de religions, de communautés, alors qu'il s'agit d'une "neutralisation" des micro-communautés pour permettre le vivre ensemble d'un ensemble plus vaste. La république se veut être un espace social qui "surplombe" les communautés sans les inhiber et les nier. La république se veut être un tout dense qui ne peut être constitué d'ilots indépendants et singuliers.

    Juste une question fondamentale, que veut dire faire société. Sommes nous d'abord des individus indépendants ou des citoyens co-responsable d'un espace commun.

    La FI est coincée entre le fait de reconnaitre les communautés "d'exclus du bien être" -mêmes celles qui cultivent leur singularité et rejettent la proposition républicaine, et pronent un replis cathartique archaïque- et le fait de promouvoir le principe humaniste et républicain du tous fraternellement citoyen...

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  23. Tomber à ce point-là dans tous les pièges tendus par les médias depuis juin ... J'en suis comme deux ronds de flanc.

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